CCC

100 Km pour 5 600 mètres de D+ et 5 600 mètres de D-

Avec ses trois lettres, la « CCC » Courmayeur-Champex-Chamonix est une épreuve non stop de 100 Km pour 5 600 mètres de D+ et 5 600 mètres de D-… A boucler en 26H ! Sa dimension en fait un des Ultra les plus exigeant de l’hexagone. La CCC remplit le rôle pour lequel elle a été conçue. C’est un accessit pour l’UTMB ou la Diagonale des Fous, une passerelle, un apprentissage pour toucher du doigt ce que peut représenter une course vraiment dure. Cet Ultra sera pour moi mon ticket pour la prochaine Diagonale des Fous sur l’île de la Réunion. Côté entraînement, j’avais remis le couvert une semaine après le Trail de Guerlédan. J’ai enchaîné de gros entraînements avec 5 sorties par semaine, dont une en condition de course, chaque samedi. La motivation était bien là et j’étais prêt à en découdre sur ce fabuleux tracé et mes premiers 100 bornes ! Côté matériel, tout a été testé a l’entraînement et j’ai surtout travaillé le rangement du sac, afin que les 5 kilos de matériels de survie que je porterai tout au long du parcours me soient accessibles facilement et rapidement.

Un rêve devenu réalité…

Portfolio


Vendredi 28 août, Courmayeur est une commune du Val d’Aoste en Italie, au débouché du tunnel du Mont Blanc. Il règne une superbe ambiance au départ. Sans nul doute qu’a une autre date la CCC revêtirait une ampleur bien supérieure à ce qu’elle est actuellement. La course présente cette année un plateau comme jamais il n’y avait eu jusque-là : Thomas Lorblanchet (champion du monde de Trail), Guillaume Le Normand (vainqueur 2008), Ludovic Pommeret (2e de la Diagonale des Fous 2009), Didier Mussard (2e de la Diagonale des Fous 2008), Nikolaos Kalofyris ( 2e de l’Olympus Marathon), Jean Yves Rey (Vainqueur du Marathon du Mont Blanc). La météo est belle, soleil et ciel bleu dégagé. Le départ est donné à 10H après les 3 hymnes nationales (Suisse, France, Italie). Dés les premiers kilomètres, 3 hommes s’échappent, Rey, Kalofyris et Thomas Lorblanchet. Je pars tranquillement, heureux de me retrouver là, contient de la difficulté qui m’attend. La course est longue et la gestion de l’effort commence dès le départ. Des centaines de supporters sont amassés le long de la route, applaudissant les 1 800 Traileurs défilant dans les rues de Courmayeur. Direction la tète de la Tronche, point culminant de la course à 2 584 M. Après 7 Km de mise en jambe, j’arrive à Planpincieux, début de la 1e ascension. J’ai légèrement accéléré le pas de peur d’être bloqué dans la montée, dans un bouchon qui ne trouvera fin qu’au sommet, soit 9 Km plus haut. Je pense avoir pris une bonne option, car la file indienne des participants s’allonge facilement. Je grimpe sans être vraiment gêné par d’autres concurrents dans la montée. J’avance d’un pas régulier et dès que le terrain me le permet, je mets en route la petite foulée. Après 1H40 de course me voilà au refuge Bertone à 1 990 M d’altitude. Premier pointage, je suis bien en jambe et je n’ai aucun bobo ni mot ressenti. Je bois régulièrement, pas trop sucré car le soleil tape et l’altitude accélère la déshydratation. Il faut donc être régulier dans la prise de boisson. On attaque alors la partie la plus raide de cette ascension : 4 Km pour 650M+. Le sentier est étroit, sinueux et très pentu. L’ascension se fait plus lente et il faut sans cesse réguler son allure en fonction du pourcentage rencontré. Km 16 la Tête de la Tronche à 2 584M. La 1e ascension du jour est atteinte… Sans difficulté. Je profite alors de la descente qui se présente pour allonger le pas tout en me réalimentant. Le massif du Mont Blanc s’ouvre à gauche du sentier alors que je foule maintenant les herbages de haute altitude. L’hélicoptère de la course fouette l’air au-dessus de nos têtes, caméra embarquée comme pour mieux graver sur pellicule ce moment magique, si privilégié. Le paysage est fabuleux, alors je savoure, je déguste… Jusqu’à Arnuva au Km 26. 4 H 25 minutes, nouveau pointage. Je profite de ce poste pour marquer une courte pause. Je me badigeonne de crème solaire, j’avale une soupe de vermicelles, un verre de coca et je repars. En route pour la seconde difficulté : l’ascension du Grand Col Ferret, 5 Km pour 800M+. J’endure, je souffre. Je comprends alors tout de suite que les efforts lâchés dans la montée de la Tête de la Tronche étaient trop importants… Je suis parti trop vite et je le paie cash ! L’ascension m’est pénible, j’avance au ralenti et, à chaque arrêt, je ressens les vertiges de l’altitude. Nous ne sommes pourtant qu’a 2 500M, mais même à ce niveau, l’oxygène se raréfie en plein effort, le souffle se fait court, le cœur s’accélère. Si nous sommes de plus en plus nombreux à pratiquer l’Utra-endurance et notemment en montagne, nous restons des cas particuliers. Capable du pire comme du meilleur, recherchant l’euphorie et trouvant souvent la douleur, nous naviguons sans cesse du glacé au brûlant, du noir au blanc. Mais par expérience je sais que chaque difficulté à une fin…Alors je prends mon mal en patience et je lutte jusqu’au Km31 à 2 537M d’altitude. Je me sens vidé et le vent bien présent au sommet refroidi considérablement la température. J’enfile ma veste coupe vent et je profite de cette nouvelle descente pour faire le plein d’énergie. Le Grand Col Ferret marque la frontière en l’Italie et la Suisse. Nous voilà donc à présent dans la région du Valais. 19Km de descente où je n’arrive toujours pas à récupérer. Cette descente me semble interminable, ne trouvant toujours pas l’énergie nécessaire pour relancer ma course. Quel calvaire ! Je suis touché mentalement et il faut absolument se ressaisir, trouver du positif. La course est encore bien longue, il faut être patient, attendre que l’organisme retrouve son tour de soupape. Ma galère ne prendre fin que 24 Km plus loin ! Km 55, j’arrive enfin à Champex après 10H20 de course et 4h30 de physique ralenti, de mental à la dérive. Champex, base de vie à mi-parcours mais aussi pour moi point de renaissance. La situation se dénoue incroyablement. Je décide de prendre un peu de temps…Je change de tee short, de chaussettes et je m’attaque à un plat de pâtes, une soupe de vermicelles et un yaourt. Je quitte Champex regonflé à bloc, rejoingniant la nuit avec entrain et sérénité. J’attaque la montée redoutée de Bovine…Avec plénitude. Ce qui va se passer cette nuit-là est une des raisons pour laquelle j’aime tant ce sport. Une sensation de liberté illimitée, une harmonie fabuleuse avec la nature, l’absence de difficulté perçue lors de la progression. 600M+ pour une distance de 4 Km avec 64 bornes au compteur. Je suis dans mon élément, je grimpe à bonne allure sans m’arrêter, en rythme, grattant un bon paquet de places au classement. Puis vient la descente vers Trient, la partie la plus rapide du parcours a mon sens et la plus amusante. En à peine une heure, j’ai dévalé les 6 Km de descente abrupte pour rejoindre Trient. Nouveau pointage, une petite soupe, un verre de thé sucré et c’est reparti pour une nouvelle montée : direction Catogne à 5 Km pour 700M+. Les bornes fils et toujours au top de ma forme, en bon grimpeur, j’avale cette montée pourtant froide, emplie d’un brouillard à couper au couteau. Nouveau pointage au sommet :15H43 de course, 51 places gagnées et 75 Km emmagasiné…Et c’est repartis pour une nouvelle descente de 5 Km pour 1 000M-. Je dévale à bonne allure avec prudence le terrain humide et racineuse. Je quitte la Suisse pour retrouver la France. Nouveau pointage à Vallorcine : 16H50 de course, seulement deux places gagnées et 80 Km au compteur. Je prends le temps de me ravitailler car à ce stade de la course, on rentre dans la gestion de la longue distance. Le mental prend le relais du physique qui commence à être sérieusement endommagé et pour certain Vallorcine marquera la fin de l’aventure. J’attaque alors la dernière ascension de cette course : La Tête aux Vents, 7 Km de montée pour 1 000M+. Comme Bovine et Catogne, j’aborde cette ascension avec aisance en rattrapant un par un mes concurrents. Le brouillard toujours présent rend difficile le suivi du balisage et l’humidité qu’il concentre nous refroidis de la tête aux pieds. Le dernier kilomètre avant le sommet est très rocailleux et très pentu. Frigorifié je peine à atteindre le sommet et le brouillard toujours aussi dense, me poussera à perdre le balisage pendant quelques minutes. En abordant la descente de la Flègere je me cale dans la foulé d’un couple de Traileur. Voici encore une des raisons pour lesquelles j’aime temps ce sport. Cette sensation ou nous sommes tous dans le même effort, le même privilège, la même aventure humaine sans distinction de sexe, de classe social ni même d’age. Nous sommes tous à la recherche du bonheur, d’une découverte intérieure, une victoire sur soi-même…Avec humilité. Le jour se lève. Il est 6H30 et j’éteins le faisceau lumineux ma frontale. La seule lumière qui m’éclaire à présent est la ville illuminée de Chamonix. 7 Km de descente avec les jambes bien lourdes et le pas hésitant. J’entre enfin dans Chamonix et les spectateurs sont déjà (ou encore ?) bien nombreux à l’arrivée. La douleur disparaît comme par enchantement, la foulée s’allonge naturellement pour finir cette course extrême au sprint. 455 ème après 21H24 minutes et 57 secondes d’effort et de bonheur. Avec ses trois lettres, la « CCC » Courmayeur-Champex-Chamonix vaut 100 Km pour un dénivelé positif de 5 600 M…A boucler en 26H ! Sa dimension en fait un des Ultra les plus exigeant de l’hexagone. La CCC remplit le rôle pour lequel elle a été conçue. C’est un accessit pour l’UTMB ou la Diagonale des Fous, une passerelle, un apprentissage pour toucher du doigt ce que peut représenter une course vraiment dure. Cet Ultra sera pour moi mon ticket pour la prochaine Diagonale des Fous sur l’île de la Réunion. Côté entraînement, j’avais remis le couvert une semaine après le Trail de Guerlédan. J’ai enchaîné de gros entraînements avec 5 sorties par semaine, dont une en condition de course, chaque samedi. La motivation était bien là et j’étais prêt à en découdre sur ce fabuleux tracé et mes premiers 100 bornes ! Côté matériel, tout a été testé a l’entraînement et j’ai surtout travaillé le rangement du sac, afin que les 5 kilos de matériels de survie que je porterai tout au long du parcours me soient accessibles facilement et rapidement. Vendredi 28 août, Courmayeur est une commune du Val d’Aoste en Italie, au débouché du tunnel du Mont Blanc. Il règne une superbe ambiance au départ. Sans nul doute qu’a une autre date la CCC revêtirait une ampleur bien supérieure à ce qu’elle est actuellement. La course présente cette année un plateau comme jamais il n’y avait eu jusque-là : Thomas Lorblanchet (champion du monde de Trail), Guillaume Le Normand (vainqueur 2008), Ludovic Pommeret (2e de la Diagonale des Fous 2009), Didier Mussard (2e de la Diagonale des Fous 2008), Nikolaos Kalofyris ( 2e de l’Olympus Marathon), Jean Yves Rey (Vainqueur du Marathon du Mont Blanc). La météo est belle, soleil et ciel bleu dégagé. Le départ est donné à 10H après les 3 hymnes nationales (Suisse, France, Italie). Dés les premiers kilomètres, 3 hommes s’échappent, Rey, Kalofyris et Thomas Lorblanchet. Je pars tranquillement, heureux de me retrouver là, contient de la difficulté qui m’attend. La course est longue et la gestion de l’effort commence dès le départ. Des centaines de supporters sont amassés le long de la route, applaudissant les 1 800 Traileurs défilant dans les rues de Courmayeur. Direction la tète de la Tronche, point culminant de la course à 2 584 M. Après 7 Km de mise en jambe, j’arrive à Planpincieux, début de la 1e ascension. J’ai légèrement accéléré le pas de peur d’être bloqué dans la montée, dans un bouchon qui ne trouvera fin qu’au sommet, soit 9 Km plus haut. Je pense avoir pris une bonne option, car la file indienne des participants s’allonge facilement. Je grimpe sans être vraiment gêné par d’autres concurrents dans la montée. J’avance d’un pas régulier et dès que le terrain me le permet, je mets en route la petite foulée. Après 1H40 de course me voilà au refuge Bertone à 1 990 M d’altitude. Premier pointage, je suis bien en jambe et je n’ai aucun bobo ni mot ressenti. Je bois régulièrement, pas trop sucré car le soleil tape et l’altitude accélère la déshydratation. Il faut donc être régulier dans la prise de boisson. On attaque alors la partie la plus raide de cette ascension : 4 Km pour 650M+. Le sentier est étroit, sinueux et très pentu. L’ascension se fait plus lente et il faut sans cesse réguler son allure en fonction du pourcentage rencontré. Km 16 la Tête de la Tronche à 2 584M. La 1e ascension du jour est atteinte… Sans difficulté. Je profite alors de la descente qui se présente pour allonger le pas tout en me réalimentant. Le massif du Mont Blanc s’ouvre à gauche du sentier alors que je foule maintenant les herbages de haute altitude. L’hélicoptère de la course fouette l’air au-dessus de nos têtes, caméra embarquée comme pour mieux graver sur pellicule ce moment magique, si privilégié. Le paysage est fabuleux, alors je savoure, je déguste… Jusqu’à Arnuva au Km 26. 4 H 25 minutes, nouveau pointage. Je profite de ce poste pour marquer une courte pause. Je me badigeonne de crème solaire, j’avale une soupe de vermicelles, un verre de coca et je repars. En route pour la seconde difficulté : l’ascension du Grand Col Ferret, 5 Km pour 800M+. J’endure, je souffre. Je comprends alors tout de suite que les efforts lâchés dans la montée de la Tête de la Tronche étaient trop importants… Je suis parti trop vite et je le paie cash ! L’ascension m’est pénible, j’avance au ralenti et, à chaque arrêt, je ressens les vertiges de l’altitude. Nous ne sommes pourtant qu’a 2 500M, mais même à ce niveau, l’oxygène se raréfie en plein effort, le souffle se fait court, le cœur s’accélère. Si nous sommes de plus en plus nombreux à pratiquer l’Utra-endurance et notemment en montagne, nous restons des cas particuliers. Capable du pire comme du meilleur, recherchant l’euphorie et trouvant souvent la douleur, nous naviguons sans cesse du glacé au brûlant, du noir au blanc. Mais par expérience je sais que chaque difficulté à une fin…Alors je prends mon mal en patience et je lutte jusqu’au Km31 à 2 537M d’altitude. Je me sens vidé et le vent bien présent au sommet refroidi considérablement la température. J’enfile ma veste coupe vent et je profite de cette nouvelle descente pour faire le plein d’énergie. Le Grand Col Ferret marque la frontière en l’Italie et la Suisse. Nous voilà donc à présent dans la région du Valais. 19Km de descente où je n’arrive toujours pas à récupérer. Cette descente me semble interminable, ne trouvant toujours pas l’énergie nécessaire pour relancer ma course. Quel calvaire ! Je suis touché mentalement et il faut absolument se ressaisir, trouver du positif. La course est encore bien longue, il faut être patient, attendre que l’organisme retrouve son tour de soupape. Ma galère ne prendre fin que 24 Km plus loin ! Km 55, j’arrive enfin à Champex après 10H20 de course et 4h30 de physique ralenti, de mental à la dérive. Champex, base de vie à mi-parcours mais aussi pour moi point de renaissance. La situation se dénoue incroyablement. Je décide de prendre un peu de temps…Je change de tee short, de chaussettes et je m’attaque à un plat de pâtes, une soupe de vermicelles et un yaourt. Je quitte Champex regonflé à bloc, rejoingniant la nuit avec entrain et sérénité. J’attaque la montée redoutée de Bovine…Avec plénitude. Ce qui va se passer cette nuit-là est une des raisons pour laquelle j’aime tant ce sport. Une sensation de liberté illimitée, une harmonie fabuleuse avec la nature, l’absence de difficulté perçue lors de la progression. 600M+ pour une distance de 4 Km avec 64 bornes au compteur. Je suis dans mon élément, je grimpe à bonne allure sans m’arrêter, en rythme, grattant un bon paquet de places au classement. Puis vient la descente vers Trient, la partie la plus rapide du parcours a mon sens et la plus amusante. En à peine une heure, j’ai dévalé les 6 Km de descente abrupte pour rejoindre Trient. Nouveau pointage, une petite soupe, un verre de thé sucré et c’est reparti pour une nouvelle montée : direction Catogne à 5 Km pour 700M+. Les bornes fils et toujours au top de ma forme, en bon grimpeur, j’avale cette montée pourtant froide, emplie d’un brouillard à couper au couteau. Nouveau pointage au sommet :15H43 de course, 51 places gagnées et 75 Km emmagasiné…Et c’est repartis pour une nouvelle descente de 5 Km pour 1 000M-. Je dévale à bonne allure avec prudence le terrain humide et racineuse. Je quitte la Suisse pour retrouver la France. Nouveau pointage à Vallorcine : 16H50 de course, seulement deux places gagnées et 80 Km au compteur. Je prends le temps de me ravitailler car à ce stade de la course, on rentre dans la gestion de la longue distance. Le mental prend le relais du physique qui commence à être sérieusement endommagé et pour certain Vallorcine marquera la fin de l’aventure. J’attaque alors la dernière ascension de cette course : La Tête aux Vents, 7 Km de montée pour 1 000M+. Comme Bovine et Catogne, j’aborde cette ascension avec aisance en rattrapant un par un mes concurrents. Le brouillard toujours présent rend difficile le suivi du balisage et l’humidité qu’il concentre nous refroidis de la tête aux pieds. Le dernier kilomètre avant le sommet est très rocailleux et très pentu. Frigorifié je peine à atteindre le sommet et le brouillard toujours aussi dense, me poussera à perdre le balisage pendant quelques minutes. En abordant la descente de la Flègere je me cale dans la foulé d’un couple de Traileur. Voici encore une des raisons pour lesquelles j’aime temps ce sport. Cette sensation ou nous sommes tous dans le même effort, le même privilège, la même aventure humaine sans distinction de sexe, de classe social ni même d’age. Nous sommes tous à la recherche du bonheur, d’une découverte intérieure, une victoire sur soi-même…Avec humilité. Le jour se lève. Il est 6H30 et j’éteins le faisceau lumineux ma frontale. La seule lumière qui m’éclaire à présent est la ville illuminée de Chamonix. 7 Km de descente avec les jambes bien lourdes et le pas hésitant. J’entre enfin dans Chamonix et les spectateurs sont déjà (ou encore ?) bien nombreux à l’arrivée. La douleur disparaît comme par enchantement, la foulée s’allonge naturellement pour finir cette course extrême au sprint. 455 ème après 21H24 minutes et 57 secondes d’effort et de bonheur.

Libyan Challenge

220 km au coeur du désert de l’Akakus

le Libyan challenge est une épreuve unique. 220 kilomètres non stop dans le désert Libyen, en autosuffisance alimentaire avec pour seul compagnon le GPS. L’épreuve est limitée à 75 heures. Malheureusement l’épreuve sera annulée seulement 3 jours après le début des émeutes à Benghazi en Libye en 2011.

Epreuve annulée

Extrême Runner Cup

170 km dans le désert du Sahara

Mon premier désert et une belle seconde place à l’arrivée. Pour débuter l’année 2012, j’ai choisi dе chаngеr d’аіr et dе partir courir au sоlеіl. Après avoir subit une grande désillusion l’année dernière sur la Lybian Challenge (épreuve annulée seulement 3 jours après le début des émeutes à Benghazi en Libye), j’ai décidé cette année de rеjоіndre « lа Tribu Gеstіn » dans le désert du Sahara près de М’hаmіd, au pied dеs dunеs dе Chеgаgа. 100 miles non-stop еn autosuffisance alimentaire avec 8 points de contrôle obligatoire (check point) et une navigation au GPS avec les 20 coordonnées que nous a remis Alain. Enfin, l’оrgаnіsаtіоn nous autorise 3 drоp bаg (sac d’assistance personnel) sur lеs CP2, 4 et 6 et nous fournira en eau (à raison de 2 litres par personne et par CP, soit tout les 20 kilomètres environ).

Un rêve devenu réalité…

Portfolio


6 mars 2012 Pour cette seconde édition, nous ne serons que 14 coureurs à prendre le départ cette année (crise financière ? petit souci de communication ? peur du désert ?…). 11 Français, 2 Suisses et 1 Italien. Le peu de concurrents n’est pas pour me déplaire; bien au contraire. Très vite, on forme un petit groupe où tout le monde apprend à se connaître. Il y a Daniel le prof Guyanais, Guy le moulin à paroles et obsédé par son GPS, Michelle une femme discrète au mental impressionnant, Agnès, Manu, Antoine et Denis, « les Lyonnais », des gens d’une grande gentillesse, Pierre-Antoine et Baudouin nos amis Suisses, Giuliano l’Italien qui avait terminé 8ème lors de la première édition, Patrick qui a toujours un mot gentil et avec le sourire, Gérard second l’année dernière, Paul qui n’a malheureusement pas pu prendre le départ en raison d’une tourista sérère (une fièvre à 40°c et 3 jours sans pouvoir s’alimenter) et moi, le petit nouveau qui vient découvrir pour la première fois le désert! 7 heures 15, le départ est donné. La température est plutôt fraîche, un ciel bleu azur… Pas un nuage à l’horizon, ce qui présage une belle et chaude journée. C’est parti pour une vingtaine de kilomètres de dunes. Très rapidement le groupe se disperse. On ne se reverra qu’à l’arrivée… dans 2 ou 3 jours! N’ayant aucune connaissance du désert, ni du niveau des autres concurrents, je prends l’option de m’accrocher au duo Manu et Gérard. Terminant 2ème l’année dernière, Gérard connaît parfaitement le terrain. On évolue ainsi tous les 3 sur cette première portion, zigzagant entre les dunes. Une mer de sable formée de dunes de 2 à 3 mètres de haut et d’une dizaine de mètres de longueur. Le sable y est blond, fin, pur et parfaitement mis en valeur par cette douce lumière du matin que dégage le soleil. Ce décor me fait vibrer, laissant mon corps, mon esprit et le terrain ne faire qu’un. Je ne peux m’empêcher de monter sur la crête des dunes, jouer aux équilibristes en prenant soin d’évoluer sur la face nord, là où le sable est le moins fuyant. Ce jeu me procure un vrai moment de liberté. Je laisse filer mes pas au gré des arêtes brassées par un vent léger, en perpétuels mouvements, majestueuses et si fragiles… La nature est simplement de toute beauté ! Je prends soin de rester à distance de mes compagnons de quelques mètres afin de respecter cette envie de solitude que nous sommes tous venu chercher ici. Le rythme m’est parfait, on avance doucement autour de 9 kilomètres/heure. La stratégie est de s’éloigner de 800 mètres du cap donné dans le seul but de contourner les plus grosses dunes. Même si on se rallonge un peu on y gagne forcément en courant sur un sable moins fuyant. 9H30. On arrive déjà au 1er CP (point de contrôle) : 23 kilomètres de bouclé en à peine 2H15. Ce qui nous place à ma grande surprise en tête de course! Un petit ravitaillement en eau, une bonne dose de crème solaire et on repart… Direction le lac Iriki. Un lac asséché d’une vingtaine de kilomètres de long (autrefois alimenté par les crues du Drâa). Sur cette partie la navigation est plutôt simple… Tout droit pendant 20 kilomètres ! Ce sera aussi la portion la plus roulante du parcours. Le sable y est dur, parfois gaufré. En contrepartie la chaleur y est écrasante: 40 °C et il n’est pas encore midi! La gestion de la course passe forcément par l’hydratation, alors je bois tous les 500 mètres. Deux petites gorgées pas plus grosses qu’une cuillère a café, la quantité suffisante qu’un estomac peut supporter en courant. Je ne porte qu’un litre et demi pour deux bidons entre chaque CP (au total je vais boire 16 litres d’eau pour 170 kilomètres!) La traversée du lac Iriki restera pour moi un moment magique. Une étendue à perte de vue, déserte de toute végétation, un soleil plombant. Un moment de plénitude inoubliable! Et pour couronner le tout je prends la tête de la course (Gérard est pris de crampes et Manu à apparemment décidé de lever le pied). 12H17. J’arrive au CP2. Isa, Alex et Paul m’accueillent chaleureusement dans la petite tente qui fait à la fois office de poste médical et de lieu de ravitaillement en eau. Je récupère mon 1er drop bag dans lequel se trouve un plat lyophilisé, une paire de chaussettes de rechange, des dattes, des noix de cajou et quelques lingettes rafraîchissantes. Manu arrive à son tour et procède au même rituel : manger, boire et souffler un bon coup! On y restera une bonne demi-heure, histoire d’attendre le retour de Gérard dans l’optique de repartir tous les trois ensemble. La course est longue et il reste plus de 120 kilomètres à parcourir… Il faut donc gérer et ne surtout pas s’emballer. Malgré la chaleur écrasante de ce début d’après midi, l’ambiance est plutôt décontractée au sein du CP. On discute, on rigole…. bref on profite de ce petit moment d’accalmie surtout que derrière l’écart est déjà bien creusé. Après cette bonne demi-heure de pause nous reprenons la route en mode « marche rapide »… Direction le CP 3. L’heure est à la digestion, je prends donc le temps de papoter avec Gérard. De quoi peuvent parler deux coureurs d’ultra sur un ultra? Et bien d’ultra tout simplement. De courses passées, de courses à venir, des grands moments d’émotion ressentis et même de grosses galères traversées ! Manu quant à lui a décidé de prendre le large… Un peu trop à mon goût. Alors je clôture le papotage avec Gérard et je remets la machine en route avec en point de mire… Manu. Nous voilà donc parti pour une interminable étendue de cailloux. Posés sur un sable dur, des cailloux noirs de toute forme et de toute taille sont éparpillés sur une surface de plus de 20 kilomètres de long, comme si une pluie de cailloux s’était déversée du lac Iriki jusqu’à la frontière algérienne. Mais ici, malgré l’aridité du sol, une végétation éparse survie héroïquement : acacias, euphorbes et tamaris. Preuve d’une force d’adaptation incroyable tant ici la vie est difficile, rude, où chaque détail compte, rien n’est laissé au hasard de la fantaisie. Cette caillasse dispersée de manière aléatoire rend la foulée irrégulière, le pas hésitant. Il est donc peu efficace voir très difficile de courir sur ce terrain. S’y engager est compliqué et tortueux. Mieux vaut donc rester sage et emprunter la piste de 4X4. Un passage ondulé, formé uniquement de 3 kilomètres de ligne droite, un long virage, à nouveau 3 kilomètres de ligne droite, nouveau virage et ce, pendant 20 kilomètres. Ce n’est probablement pas le chemin le plus court pour rejoindre le prochain CP, mais certainement le plus rapide et le moins risqué. Le cap proposé par l’organisation devait nous faire traverser sur 10 kilomètres le long des ravines de 5 mètres de profondeur avec d’énorme blocs de cailloux. Sur le conseil de Gérard (qui garde un très mauvais souvenir de ce passage sur l’édition précédente), nous décidons tout simplement de suivre la piste de 4X4, contournant ainsi les ravines. En ce début d’après midi, la chaleur est vraiment pesante et nous complique sérieusement la tâche. L’eau de mes bidons en devient chaude (environ 35°c) et boire est de plus en plus écœurant. Mais bon, il faut boire quelque soit le goût ou la température du liquide. La perte de sel est aussi importante, il faut donc continuellement s’hydrater. Cela fait maintenant 10 kilomètres que je pourchasse Manu et je n’ai toujours pas réussi à le reprendre! J’ai de plus en plus de mal à boire et je commence à avoir les jambes lourdes. Forcément lorsque le corps n’est pas au mieux, la tête en prend un coup. Les questions s’enchaînent mais hors de question de perdre le moral! Je suis actuellement deuxième, Manu n’est qu’à peine à 1 kilomètre et ne me prend pas plus de distance… Quant à Gérard je ne l’aperçois même plus derrière moi (soit il reste tranquille, soit il a un sérieux coup de mou). Alors, même si la course s’est un peu compliquée, tout va bien ! 16H. A peine 5 minutes après Manu, je m’engouffre dans la tente du CP3. Apparemment, j’ai limité la casse. Manu, quant à lui, subit une grosse baisse de régime. Je retrouve Isa, Paul et Alex qui me demandent où est passé Gérard ; « il est juste derrière, à environ 1 kilomètre je pense ». Je desserre mes chaussures et retire mes chaussettes pour vérifier l’état de mes pieds. Pas de rougeur, ni de coupure et aucune ampoule en vue. Je mâche quelques dattes, bois un café et me badigeonne de crème solaire. Gérard arrive à son tour au CP3. Ce n’est pas la grande forme. Il se plaint de crampes et décide de se poser quelques minutes pour mieux repartir. Je fais le plein d’eau fraîche, enfile mes chaussures et reprend ma route avec un Manu pas super requinqué. Pour ma part, cette petite pose d’un quart d’heure au CP3 m’a vraiment fait du bien. Le moral est bon et le soleil moins vif a déjà abordé sa descente à l’est, diminuant progressivement la chaleur de ses rayons. Je n’ai plus à boire une eau chaude, les sensations sont bonnes alors je décide d’attaquer et de prendre la course en main. Je lâche rapidement Manu et je file en petite foulée (environ 9 kilomètres/heure) direction le CP4 soit la mi-course! Je continue ma progression sur la piste de 4X4 et c’est reparti pour 3 kilomètres de ligne droite, un long virage, à nouveau 3 kilomètres de ligne droite, nouveau virage et ce encore pendant 20 kilomètres. Ici le soleil se couche en moins d’une heure. Je goûte enfin pour la 1ère fois de ma vie à un coucher de soleil en plein désert… Seul. Un instant inoubliable. Un soleil rouge d’une douceur incroyable. Je troque mes lunettes de soleil pour la lampe frontale. Après quelques pas hésitant, la transformation s’opère : les pupilles se dilatent, l’ouïe se développe progressivement, tous mes sens sont en éveil. Mon corps et mon esprit sont en total harmonie avec la nature… Le silence est total. Je me sens tellement bien que je ne cesserais de courir sur cette portion où ma seule rencontre avec le vivant sera un chien! Gardien d’un camp de nomades installés à quelques mètres de la piste. La nuit dans le désert, ce n’est pas très rassurant de croiser la route d’un animal à 4 pattes qui aboie et vous tourne autour pendant de longues minutes. On devient la seule proie du coin! Par précaution je m’arme de 2 gros cailloux et je presse le pas pour quitter les lieux le plus rapidement possible. 20H04. J’arrive au CP4 Je retrouve Alex, Isa et Paul. Comme à chaque CP, l’accueil est toujours chaleureux. Je récupère mon second drop Bag. Alex s’occupe de compléter mon plat Lyophilisé avec de l’eau chaude (ce sera pâtes carbo… Pas terrible). Je me déchausse afin qu’Isa vérifie l’état de mes pieds : une petite ampoule a fait son apparition sur le gros pouce du pied gauche. Rien de grave, seulement je ne reverrai la Team acapela médical (TAM) qu’au CP6 (dans 40 kilomètres). La décision est donc prise de percer l’ampoule. Une petite seringue, de l’éosine et hop le tour est joué : « L’éosine n’a de limite que celle que l’ampoule lui impose » -Slogan de la TAM- En prévention je me badigeonne les pieds de NOK (crème anti-frottements à base de beurre de karité) et je rechausse. Après quelques minutes de pause à mâchouiller mes pâtes carbo et faire le plein d’eau, je reprends la route. Gérard arrive au moment où je quitte le CP, juste le temps d’échanger quelques mots. Il se sent beaucoup mieux et le moral est très bon. Par contre, il a croisé Manu dans un sale état… Probablement parti pour être dans le dur pendant un bon bout de temps. Je repars donc en tête mais cette fois je sens la menace Gérard se rapprocher à grand pas, conscient qu’en plus il possède déjà un gros CV: de nombreux ultras à son actif dont une seconde place l’année dernière sur l’Extrême runner cup, une seconde place sur la trans 333, 2ème de la 555+ et futur partant sur la 555++ (678km non-stop dans le désert sud marocain)… Bref, l’homme à battre sur cette épreuve. Mais pour l’instant, je suis en tête de course et je dispose d’un bon quart d’heure d’avance. Je continue donc ma progression sur le même rythme à petites foulées, direction le CP5 et les 100 kilomètres en ligne de mire ! De nuit, la part psychologique prend toute son importance. Le paysage n’est qu’ombre. Il n’y a aucune vie apparente à des kilomètres à la ronde. Seul le rythme de mes pas coupe ce silence. Alain Gestin choisi toujours la date de ses courses en fonction de la lune… Merci Alain, le spectacle est magnifique ! Il suffit d’éteindre sa lampe frontale et de lever la tête vers le ciel. C’est la seconde fois dans ma petite vie d’homme que j’assiste à un tel spectacle : un ciel noir parsemé de centaines d’étoiles. La seule fois où j’ai eu la chance de profiter de ce spectacle remonte à 2009, dans le cirque de Mafate sur la Diagonale des Fous à La Réunion. Aucune lumière artificielle ne vient polluer ce ciel décoré. Je pense que chacun d’entre nous devrait pouvoir vivre cet instant magique une fois dans sa vie! Mon GPS m’indique le prochain CP à 2 kilomètres. Nous sommes pourtant en plein désert, mais je ne vois encore aucune lueur à l’horizon. Les relances sont difficiles. Je n’ai plus de force dans les jambes et le retour imminent de Gérard occupe dorénavant tout mon esprit. Je me sens vidé et ces deux kilomètres qui me séparent du prochain CP me semblent interminables. Physiquement la course est incontestablement en train de se corser. J’ai besoin de me rassurer alors je passe le plus clair de mon temps à me retourner : aucun point lumineux à l’horizon, Gérard semble encore bien loin. Un coup d’œil au GPS : 1,5 kilomètre et toujours aucun CP en vue. Je me retourne : personne derrière. Un coup d’œil au GPS : 1 kilomètre. Je lève la tête: ça y est le CP est enfin en vue… un tout petit point jaune à 10 degrés sur ma gauche. 1h15. Il n’y a qu’une personne au CP5: un membre du staff marocain. Je le salue chaleureusement, je pointe mon heure de passage et je m’installe à l’intérieur de la tente pour me poser quelques minutes. Je délasse mes chaussures et NOK mes pieds. Je n’ai aucun appétit, beaucoup de mal à boire, les jambes sont lourdes et le moral fragile. Le regard fixe, je guette toute frontale à l’approche car je veux absolument tenir Gérard à distance et j’ai vraiment besoin de me poser : je dois m’alimenter, boire pour réussir à récupérer. L’eau plate ne passe plus alors j’alterne thé, café, thé et je mâchouille quelques noix de cajou. J’entends soudain des pas à l’approche. Gérard entre dans la tente… Je n’en crois pas mes yeux. Je ne l’ai absolument pas vu arriver et je ne suis là que depuis 5 minutes. Pourtant, je dois repartir pour ne lui montrer aucune faiblesse. Je refais le plein de mes bidons et je quitte la tente direction le CP 6. Je reprends la route d’un pas pressé tout en continuant à mâchouiller quelques noix de cajou. Passé les 15 heures de course, il est difficile de mâcher. Le système digestif est au ralenti et l’estomac se rétracte. Il est donc plus facile d’ingurgiter du liquide mais je n’ai sur moi, pour seul liquide, que de l’eau. Alors je mâche les noix pendant de longues minutes pour n’en former qu’une pâte salée que j’avale difficilement avec deux petites gorgées d’eau, pas plus grosses qu’une cuillère à café. Le goût est franchement écœurant, mais après tout je mange et je bois et c’est bien là l’essentiel! Musculairement, mon état s’empire. Je suis pris de terribles crampes aux cuisses et une tendinite au genou gauche me lamine à chaque tentative de foulée. Je suis incapable de courir plus de 200 mètres sans marcher. Je sors mes bâtons pour essayer de soulager mes jambes, mais rien n’y fait. Pire encore mes bras me lâchent. J’ai à peine la force d’appuyer sur mes bâtons. Je commence sérieusement à douter. Je me traîne mètre après mètre. Ma foulée s’est transformée en une simple succession de pas rasants et j’attends le retour imminent de Gérard. Je n’ai parcouru que 7 kilomètres. Lampe frontale éteinte, Gérard fini par me rattraper d’un pas silencieux. On échange quelques mots, sans lui cacher que je suis cuit et je le laisse filer entre mes doigts. Doucement son ombre s’éloigne. Mon visage ne ment pas, j’ai les yeux fixés sur le sol et à chaque pas, je serre les dents pour supporter la douleur. J’ai le moral à zéro, bon à ramasser à la petite cuillère, incapable physiquement de relancer la machine. Mon corps m’abandonne et ma tête me lâche. Encore 13 kilomètres à lutter tel un zombie pour rejoindre ce maudit CP 6. Maudit désert, maudite course, maudit physique si fragile, maudit mental faible. Je vis un enfer. J’éteins ma lampe frontale et continue à avancer à pas de souris. Laissant mon esprit divaguer, je m’imagine sur ma droite, un gamin perché dans le seul arbre à des kilomètres à la ronde, à gauche des serpents enroulés prennent place sur de longs cailloux plats parsemés sur la piste. Je suis seul face à moi-même en plein désert. Mon corps n’est plus, mon esprit s’est envolé mais mon courage est pourtant toujours intact. Le silence me pèse. Je dois briser ce rythme hypnotique qui m’enlise un peu plus dans cet enfer. Alors à voix haute, je me parle ou plutôt je m’engueule : arrête de te plaindre, oublie la douleur, tu as la chance de vivre une aventure incroyable qualifiée par le commun des mortels de surhumaine, prouve-leur qu’ils ont tort, la douleur n’est rien, bouge-toi le cul, arrache-toi les tripes et va me chercher une bonne fois pour toute ce maudit CP 6! 5H14. CP6 Frigorifié, je rentre dans la tente. A ma grande surprise Gérard est encore là. Je n’ai pas perdu autant de temps que je l’imaginais. Enfin une bonne nouvelle qui va me donner un peu plus de clairvoyance! Je me déchausse, enfile ma veste et prépare mon énième plat lyophilisé (pâtes au thon, une horreur !). Gérard reprend la route, la victoire est à lui, je n’en ai plus aucun doute. Pour moi, la priorité est au repos si je veux conserver au moins une chance de podium à l’arrivée. Il reste tout de même 45 kilomètres soit environ 7 heures de course. Je déguste le thé chaud que me tend le staff marocain et j’explique à Alex mes soucis de courbatures, ma difficulté à m’hydrater et mon genou totalement verrouillé. La situation est simple, c’est une réaction en chaîne : Les courbatures sont dues en grande partie à la déshydratation, quant à la tendinite elle s’est déclenchée suite aux compensations articulaires que j’ai dû imposer à mon corps pour limiter les douleurs musculaires. Je dois appliquer du Flector (anti-inflammatoire) toutes les demi-heures. Alex m’aura été d’un grand soutien dans cette épreuve et elle va même m’aider à débloquer la situation grâce à un petit détail: du chocolat en poudre. Un échantillon de chocolat que je verse dans mes bidons pour casser le goût de l’eau plate que mon estomac refuse de boire. Le miracle opère tout de suite : je reprends plaisir à boire… Vraiment merci Alex ! Ce repos aura été une petite oasis pour mes jambes. Les nuits sont fraîches dans le désert (5°c) et j’ai la sensation que la température ne cesse de descendre. Pourtant, je me suis refait une santé au CP6, je me suis réhydraté, ce qui a eu pour effet d’éliminer les courbatures. Quant à la tendinite, je la contrôle sans trop de difficultés avec le Flector. Je progresse à nouveau sur le sable gaufré du lac Iriki, mais cette fois je le traverse d’ouest en est. Malgré la fraîcheur je trouve cet endroit agréable, la nature magnifique, la vie belle. Pourtant il n’y a aucune vie, aucune végétation, aucune forme, aucune ombre, rien… Juste du sable. Je me retourne régulièrement pour jauger ma position par rapport à Manu et Patrick qui doivent être quelque part à l’approche. A chaque fois que je me retourne, j’aperçois un point lumineux derrière moi à environ 2 kilomètres: Patrick ? Manu ? Je le vois ce point : une petite lumière bleue scintillante. Les kilomètres défilent doucement et je vois toujours, de mes yeux vu, cette lumière qui me suit à distance. Pourtant, je vais apprendre bien plus tard que cette petite lumière bleue que ma vision a décodée et que mon esprit a interprété comme vraiment réelle, n’était qu’une hallucination de mon cerveau (Gérard et Patrick n’étaient pas encore arrivés au CP 6 lorsque moi je quittais le CP7 !)… Il n’y avait donc personne à des kilomètres à la ronde. 6H30. En à peine 30 minutes, le jour se lève. Pas mécontent de troquer enfin la frontale pour mes lunettes de soleil, Je range ma veste dans mon sac à dos, protège ma peau de crème solaire et applique une noix de Flector sous mon genou gauche. Cap 15° à droite. Distance 12 kilomètres. Le vent commence à souffler de plus en plus fort. 10H59. CP7 Je retrouve Alain et deux membres du staff marocains. Je bois le thé que l’on me tend et je m’informe sur la position des autres concurrents dans la course. Alain m’apprend que Gérard vient de quitter le CP7 il y a 5 minutes et que Manu et Patrick font route ensemble bien plus loin derrière moi. Le sourire revient, je bois une soupe de légumes, un thé et je fais pour la dernière fois le plein d’eau de mes bidons en y ajoutant un sachet de thé pour couper le goût de mon 16ème litre d’eau. Seulement 10 minutes de pause et je reprends la route pour les 25 derniers kilomètres qui me séparent de la ligne d’arrivée. Il me reste 5 kilomètres pour sortir du lac Iriki et rejoindre les dunes de Chegaga. Le vent de plus en plus fort me frappe de plein fouet et finit par se transformer en tempête de sable. J’avance à petites foulées, le pas rasant pour consommer le moins d’énergie possible, le dos courbé, la tête baissée, les bras près du corps à la recherche d’une position plus aérodynamique. Je respire du sable, je mange du sable et je bois même du sable. Je dois vite quitter cette zone et me mettre à l’abri des dunes. Après 45 minutes de lutte contre ce vent violent, j’arrive enfin au pied des dunes et j’aperçois, à ma grande surprise… Gérard. En à peine 5 kilomètres je lui ai repris tout mon retard! Euphorique, j’accélère le pas pour me caler à 200 mètres derrière lui… un vrai gamin! Tellement euphorique que je veux me laisser quelques kilomètres pour jouer avec lui. Juste m’amuser, tel une bête sauvage traquant sa proie. Le pas léger, le dos bombé, le regard fixant toujours la même direction. Le terrain est idéal pour une partie de chasse: des dunes, quelques arbres et juste un peu de végétation pour jouer à cache-cache. Pour moi la situation est claire : on finit main dans la main, pas question de jouer la gagne ou de tenter une quelconque stratégie finale. Je veux juste jouer au chat et à la souris pendant quelques kilomètres avant de le rejoindre. Je laisse donc Gérard sur ma gauche pour naviguer entre les dunes sans être vu. Ce petit jeu va durer une demi-heure. Malheureusement sans m’en rendre compte, Gérard m’a déjà aperçu et a viré de cap plus à gauche encore. J’ai beau monter sur les dunes et regarder en avant, en arrière, à gauche, à droite… Il a disparu. Je monte sur la dune suivante… Rien, personne en vue. Je laisse totalement mon esprit s’embuer dans cette poursuite infernale. Ma tête a programmé mon corps pour évoluer à toute allure de plate-forme en plate-forme tel un personnage de jeu vidéo. Mais la réalité finit par me ramener à la raison. La fatigue est là et bien évidemment la lucidité n’est plus ma meilleure arme. Je regarde alors mon GPS et relève doucement la tête comprenant trop tard la situation. Je me suis éloigné du cap de plus de 1kilomètre 200. Pire encore, je me retrouve enfermé dans les dunes! C’est une catastrophe! Je laisse la victoire m’échapper pour une connerie, un pauvre jeu débile et si je ne sors pas vite de là, je risque de manquer d’eau très rapidement! Je dois immédiatement réagir et prendre la meilleure option: soit je corrige progressivement mon cap en prenant le risque de m’enfoncer dans des dunes de plus en plus hautes, soit je mets le cap à gauche toute pour rejoindre ma ligne de progression et sortir de cette mer de sable, quitte à ne pas me rapprocher d’un mètre de la ligne d’arrivée. La victoire n’est plus possible, mais j’ai encore les cartes en main pour la seconde place et surtout il n’est pas question de prendre le moindre risque de tomber à sec…d’eau! Je mets donc le cap à gauche toute et j’escalade les dunes par la face sud… Là où le sable est bien évidemment le plus fuyant. La nature vient de me rappeler à l’ordre : c’est toujours elle qui décide… Si je veux m’en sortir, je dois tout donner et surmonter cet obstacle qui me fait face. Je n’ai plus le choix. Après une heure de lutte acharnée, à grimper à quatre pattes ces maudites dunes puis à m’enfoncer jusqu’aux genoux pour en redescendre, je rejoins enfin ma ligne de progression: une heure pour parcourir 1 kilomètre 200. A quel prix? Les jambes explosées, le moral enragé, une heure de perdue et mon niveau d’eau descendu à 40cl! Il est 11H30 et il me reste encore 14 kilomètres à parcourir. Vu ma situation et surtout mon état de fatigue extrême, je fais un rapide calcul: environ 3 heures de course, une arrivée aux alentours de 14H30 et seulement 40 cl d’eau ou plutôt 40 cl de jus infâme (le sachet de thé ayant explosé à l’intérieur du bidon, le sable s’y est aussi installé et la chaleur commence à chauffer le tout). Je suis mal, très mal! Le verbe gérer n’aura jamais eu autant de sens pour moi à ce moment-là de la course. Pas question de céder pour autant à la panique. C’est maintenant que je vais voir vraiment, ce que je vaux, qui je suis réellement. Est-ce que je suis capable de surmonter cette épreuve? Je me connais suffisamment pour savoir que ma tête et mon courage y parviendront. Mais mon corps, mes jambes et surtout mes muscles vont-ils supporter le manque d’eau jusqu’au bout? Je progresse à l’économie, le pas rasant, 200 mètres en petites foulées régulières, puis 200 mètres de marche militaire. Tête baissée, les yeux rivés sur le GPS, je regarde les mètres se décompter lentement… Très lentement. Tous les 500 mètres, je m’octroie quelques gouttes de ma précieuse bouillie eau/thé/sable, juste de quoi humidifier le bout des lèvres et laisser quelques secondes le liquide réhydrater ma bouche. Les douleurs articulaires de mon genou me font tellement mal, que j’ai la sensation qu’à chaque pas, la pointe d’une aiguille me traverse tout le corps. Mes yeux se ferment et les muscles de mon visage, fatigués, se détendent pour tenter de m’évader dans un monde sans douleur. Je ne sais absolument pas combien de temps je vais pouvoir continuer cette mécanique « mode survie ». En tout cas, j’avance, lentement mais sûrement et c’est bien là l’essentiel. Ce qui m’obsède le plus, c’est le manque d’eau: une eau pure, fraîche, claire, sans goût… J’en rêve. Je crève de chaud, j’ai soif. La sueur, le sel et le sable dégagent de mes vêtements une odeur immonde âpre et acide, ce qui me rappelle que je ne me suis pas lavé depuis près de 30 heures. De l’eau, ce liquide transparent, si vital qui coule dans mon corps, dans mes veines, qui fait battre mon cœur. De l’eau pour mes muscles, de l’eau pour réguler la température de mon corps. J’en rêve tellement que j’imagine aisément voir de l’eau dans cet objet qui brille tel un miroir au soleil et qui se trouve à quelques centaines de mètres devant moi. Coincé dans un herbu, cet objet, je le supplie d’être de l’eau pour me délasser, pour me décrasser de toute cette poussière de sable, pour me rafraîchir l’esprit. De trouver le courage d’avancer. Halte au mirage et place à l’eau! Mais plus je me rapproche de cet objet, plus cette chose devient claire. Il s’agit bien d’une bouteille. Mieux encore: c’est un bidon de 5 litres en plastique et chose extraordinaire… Il y a de l’eau! Environ un litre d’eau abandonné là en plein désert. De l’eau chaude, de l’eau impure… Imbuvable, mais franchement je m’en fou royalement! J’attrape ce bidon et file à la recherche d’un coin d’ombre avec mon oasis bien en mains. Cette fois c’est sûr, je suis devenu une bête! Je m’assois sous le 1er arbre venu, lâche mon sac et ma casquette et je m’asperge le visage de cet or blanc que vient de m’offrir la vie. Je suis un homme préhistorique qui vient de trouver du feu… Quel pied! Après ce petit miracle, plus rien ne pouvait m’arrêter. J’ai avalé les derniers kilomètres, mètre après mètre, sans jamais baisser la tête, fort et fier d’avoir mené cette aventure hors du commun… jusqu’au bout. En fin de compte, n’est-ce pas cela que nous cherchons lorsque nous allons dans le désert? Nous sentir humain, retrouver la place qui est la nôtre, nous sentir insignifiant dans ce monde, nous sentir vivant, entouré par la nature à la force démesurée. Se faire petit force le respect.

Infernal des Vosges

160 km pour 7 350 Mètres de D+ et 7 350 Mètres de D-

Infernal… Lеs rоndеurs dеs bаllоns dеs Vоsgеs cаchеrаіеnt іls dеs pіcs dе dіffіcultés ? Première édition du 160 kilomètres en 2011. De l’inédit dans la région. Pourtant c’est dans le paysage pittoresque du massif des Vosges que l’épreuve prend place. Un tracé offrant une succession de vues et de terrains plus beaux les uns que les autres. La forêt constamment présente y est magnifique avec des fûts de plusieurs dizaines de mètres de haut ainsi qu’une très riche végétation variée au sol. 160 kilomètres pour 7 350 mètres de D+ et 7 350 mètres de D- et 42 heures maximum pour rallier l’arrivée. Un tracé qui en aura surpris plus d’un par sa difficulté. Une vraie galère : Il faut être fort dans sa tête car de nombreux tronçons du parcours se font en solitaire et de nuit. Quant à la vigilance et la lucidité, elles sont mises en permanence à contribution dans un paysage souvent boisé afin de ne rien rater question orientation et changements de direction. L’Infernal est une grande épreuve dans son exigence et dans sa beauté…Il m’aura fallut 37 Heures et 26 minutes pour en venir au bout!

Un rêve devenu réalité…

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Grand Raid des Pyrénées

160 km / 10 000 mètres de D+ / 10 000 mètres de D-

C’est reparti pour un nouveau défi! L’Ultra-Trail des Pyrénées est une course non-stop en auto-suffisance. D’une distance de 160 Km, pour 10 000 mètres de dénivelé positif, la course emprunte en grande partie le sentier de Grande Randonnée des Pyrénées (GR 10). Ce voyage au long cours, ambitieux, s’adresse aux personnes ayant une très bonne endurance, averties aux grands voyages d’explorations. La difficulté physique de fournir un effort en altitude et les conditions météos très changeantes seront une constante dans un décor à la fois immuable et changeant. Ces différents impératifs donnent à ce défi une ampleur particulière, une ambiance d’isolement sérieux. Il en résulte obligatoirement un souci constant de prudence, d’économie et un moral sans failles.

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Trans 333

333 km non stop… Au coeur du désert du Sahara

La TRANS 333 est une course non stop de 333 km , pour une traversée du désert Sud marocain, reliant les Dunes de L’ERG CHERBI aux dunes de CHIGAGA, à effectuer dans un temps inférieur à 106 heures. Un parcours en autosuffisance, sans balisage et une navigation uniquement au GPS. 15 CР (point de contrôle et lieu de ravitaillement en eau) sont prévus tоuѕ lеѕ 22 km еnvіrоn. Après 170 km dans les dunes de Chigaga au Maroc en février 2012, puis 280 km entre le Mont Saint Michel et Jobourg en juin 2012, me voilà sur une distance de 333 km !!! 6 ans d’entraînement à programmer ce gros défi. 6 ans à passer les étapes les unes après les autres (Ultra-trail du Mont-Blanc, Diagonale des fous, Grand raid des Pyrénées, Infernal des Vosges, Extrême runner cup, Raid de l’Archange). Cela fait 6 ans que j’attends patiemment ce moment en gardant cette course dans un coin de ma tête. Maintenant je sais pourquoi, je pense que c’était ma destinée : tout simplement de me retrouver là sur cette course en plein désert. Une nouvelle aventure hors norme, dans un décor hors norme lui aussi, le désert du Sahara ! Objectif atteint… 6 ème en 91H25 !

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Diagonale des Fous

150 km / 9 000 mètres de D+ / 9 000 mètres de D-

La Diagonale des Fous aussi appelé Grand Raid est un Ultra-trail qui consiste à traversée l’île de La Réunion du sud au nord en passant par le Piton de la Fournaise, le Piton des Neiges et par l’intérieur des cirques de Cilaos et de Mafate. Fou me direz-vous ? Oui, carrément. C’est ce qui fait que cette épreuve est devenu l’une des courses les plus importantes, les plus dures et les plus légendaires au monde, ajouté au fait que La Réunion est le berceau du trail avec les États-Unis, bien avant que ça devienne une mode en France. Elle possède une aura historique qui n’existe nulle part ailleurs et une aura climatique et géographique incomparable. On peut passer de 25°C en début de nuit à 0°C vers 3 heures du matin, pour revenir à 40°C l’après-midi. Les corps sont soumis à des conditions très particulières. En plus d’avoir des géologies singulières, les climats font que cette course est absolument unique.

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Course de l’extrême, fête sportive, mais aussi une plongée dans la splendeur des paysages de l’île. Un volcan en pleine activité, des plaines désertiques, des crêtes vertigineuses et des cirques majestueux, des îlets, oasis bien mérités, des forêts à la végétation endémique des plus exubérantes… La réunion, un grand raid, une île, une course à survivre. Départ aux flambeaux et sous des trombes d’eau à Cap Méchant. Comme chaque année, le départ est lancé de Saint Philippe, au sud de l’île. Un départ à la fois émouvant et inquiétant. Celui d’une aventure humaine où chacun vient chercher son moment d’éternité, ça découverte intérieure, une victoire sur soi-même…Avec humilité. Mais avant de fouler le mythique stade de la Redoute à Saint-Denis, les semelles devront fouler les scories rougeâtres du volcan chauffé par les rayons du soleil levant, traverser la lunaire Plaine des Sables, les herbages de Mare à Boue, l’ascension interminable du Piton des Neiges jusqu’à une halte bien méritée à Cilaos. Des galères nocturnes dans le redoutable cirque de Mafate suivra l’ascension à flan de falaise de Dos d’Ane. Pour enfin attaquer la descente piégeuse du Colorado…En point de mire le stade de la Redoute. Minuit le départ est lancé…Et déjà trempés de la tête aux pieds, les fous sont lâchés. Certains partent comme des fusées. Je choisis pour ma part, la patience en courant à petites foulées. La course est longue…Très longue et seul un coureur sur deux aura la chance de rallié l’arrivée. Nous traversons la rue principale de Saint Philippe, encouragés par des centaines de supporters. 3 Km de route et nous bifurquons à gauche sur une piste qui monte à travers les champs de canes. Avec cette pluie tropicale c’est une rivière qui c’est formé sous nos pieds. Maintenant seule la lueur de notre frontale nous accompagnera jusqu’au bout de la nuit. Dans ce long serpent lumineux, j’emprunte la route forestière de basse vallée pendant 11 Km pour rejoindre la première grosse difficulté du parcours : l’ascension du Volcan. Premier changement de terrain important : le sentier est étroit, sinueux, racineux, très boueux, glissant et technique. 7,5 Km pour 1 500 mètres de dénivelé où le bon rythme est compliqué à trouver… Ça bouchonnera durant toute la montée. L’ascension est trop lente à mon goût et la pluie qui ne cesse de nous frapper, refroidis considérablement la température du corps. Je suis frigorifié et il faut vite atteindre le sommet de cette ascension…Sinon c’est l’hypothermie assurée. Il est urgent de se remettre à courir pour réussir à faire remonter la température du corps. Il est déjà 6H et le jour se lève. Cet ascenseur vers la lune nous dépose au bord de l’enclos du Volcan, à 2 350 M d’altitude, soit autant de dénivelé positif pour 23 Km de course. Ceux qui ont grillé des cartouches inutiles dans cette montée le paieront chers dans l’ascension suivante. Le peloton est déjà moins compact et les ralentissements ne se produisent plus. Le terrain étant moins pentu, je peux à nouveau recommencer à courir.La pluie cesse, le soleil réchauffe l’atmosphère, la température du corps remonte enfin. Je range (dans mon sac de 5 kilos) ma veste coupe vent et je sort avec bonheur mes lunettes de soleil. La course est lancée ! La gueule béante du cratère s’ouvre à droite du sentier alors que je foule maintenant les laves noires du Piton de la Fournaise. On a quitté la boue pour un sol souple, sec, léger et le profil devient plus favorable : un faux plat entrecoupé de légers vallonnements. Toutes les conditions sont réunies pour courir à cadence régulière. Je croise la route d’un petit groupe de bretons. L’un d’entre eux est allongé sur le sol, emmitouflé dans sa couverture de survie, il gémit, le regard hagard, tremblant de tout sont corps. Entre raideurs, on se doit de se porter assistance, la course passe en second plan face à l’urgence. Cet homme est vraiment dans un sale état et ces potes sont paniqués. Je décide donc d’accompagner l’un d’entre eux jusqu’au prochain poste de secours, à peine 2 Km plus loin. J’apprendrais plus tard que ce coureur à subit une micro fissure cardiaque. Je profite de ce poste pour me ravitailler : boisson chaude, soupe et sandwiches. L’alimentation et l’hydratation, tout au long du parcours, seront bien sûr une des clés du succès. La soupe est pour moi un bon compromis, légère et bien tolérée par mon organisme : de l’eau, du sel et des sucres lents. Je profite aussi de cette courte pause pour badigeonner mes orteils de Nok. Les pieds ont déjà beaucoup souffert dans cette 1e partie trempée et boueuse, je dois absolument limiter les frottements de la peau au risque de souffrir rapidement d’ampoules. Je change de chaussettes et je repars. De nouveau, une partie roulante au cœur des sculptures et scories de la Pleine des Sables : 6 Km pour dérouler en souplesse dans ce paysage hallucinant. Ce lieu à entre autres servi de décor au film « La Planète des Singes ». J’arrive au pied du rempart de Sainte Thérèse. La courte ascension jusqu’à l’oratoire interrompt cette balade tranquille. 160 M+ pour 1Km de montée en lacets que je négocie en marche tonique. Suit ensuite 3 Km de descente vers le Piton Textor marquant ainsi notre sortie du monde du Volcan. Je quitte les laves noires et feux pour attaquer une descente de 5 Km pour 500M-. J’en profite pour courir à bon rythme car la descente n’est pas très raide. Le sentier est souple, verdoyant et nous voilà au cœur des pâturages et des arums géants. Après cette descente bien agréable, 5 Km de plat… Dans la pleine des Cafres jusqu’à Mare à Boue. Km 50, il est 11H, je pointe au poste de Mare à Boue. Ce ravitaillement est tenu par l’armée. Seul un régiment militaire est capable d’acheminer autant de matériels sur le parcours, avec une aussi grande efficacité. Hélico, poste médical, kinés, médecins, podologues, lits picot et repas complet. Tout ici est fait pour assister au mieux les raideurs. On se croirait sur un champ de bataille : les blessés sont déjà nombreux…Les abandons aussi malheureusement. Je profite de ce poste pour faire le plein d’eau, me servir une cuisse de poulet grillée et une bonne assiette de riz. L’appétit vient en mangeant… Je me régal. La pluie refait son apparition. J’enfile alors ma veste imperméable et je reprends ma route…Direction le Piton des Neiges. Les accus bien rechargés, j’attaque la longue montée vers la Caverne Dufour : 12 Km pour 900M+. La pluie et le brouillard bouche le paysage. Le sentier est souple à travers les prés, en changeant progressivement de décor, on entre dans la forêt primaire. La végétation est de plus en plus luxuriante avec d’immenses fougères arborescentes jusqu’à rejoindre les échelles de Coteaux Maigres. Un petit moment de répit au sortir de la forêt et j’attaque maintenant le Coteau de Kerveguen. Le terrain est très rocailleux, glissant, piègeux et mon carry poulet dévoré à Mare à Boue est déjà assimilé et dépensé. Le ventre vide, le coup de moue approche. J’avale une puis deux barres énergétiques. En quelques minutes cette prise d’énergie fait son effet et me voilà au point culminant du Grand Raid : le gîte du Piton des Neiges à 2 484 M. Le brouillard est dense et le vent fait chuter considérablement la température. Pas question de traîner ici. Je fais le plein d’eau, quelques étirements et je repars illico-presto. 15H, j’aborde avec vigilance la longue descente du Bloc. Une dégringolade de 4,5 Km très glissante, composée de marches irrégulières, de racines boueuses et de roches humides. La fatigue commence à s’accumuler et la pluie n’arrange rien. Il me faudra plus d’une heure et demie pour dévaler ces seuls 4,5 KM ! Arrivé au Bloc, il me reste 3 Km de lacets routier que je cours à grands enjambés pour rejoindre Cilaos. Km 70, je rejoins le stade de Cilaos. Ce poste marque quasiment la mi-parcours. Je décide alors de faire une vraie pose avant d’attaquer la seconde nuit de course et le redoutable cirque de Mafate. Ici je fais la totale : massage des cuisses et des mollets par les élèves kiné de St Pierre, carry poulet et plein d’eau. Il est 18 H, je quitte Cilaos ou nombreux sera les abandons et je file plein d’entrain, attaquer l’ascension du Col du Taïbit avant la tombé de la nuit. Le sentier nous fait descendre à la cascade de Bras Rouge. Le site est grandiose paraît-il…Je n’en verrais rien car la nuit est déjà tombée. Au milieu des grands filaos, le sentier remonte raide accrocher à flanc. Un raideur vient de chuter…De quelques mètres seulement, ce qui lui vaudra plus de peur que de mal. Je m’arrête pour lui porter assistance dans sa remontée. Il rajuste ses lunettes et reprend doucement ses esprits. Je continu ma route, accompagné en file indienne de trois raideurs et je ressens pour la 1e fois depuis le début du raid, des douleurs à la jambe gauche. Probablement une tendinite au genou et à la cheville (j’apprendrais deux jours après la course que ma sois disant tendinite à la cheville est en fait une entorse du tendon externe)…Et, sans le savoir, je vais parcourir les 80 derniers Km de course avec une entorse ! La pluie, c’est enfin arrêté et cela fait déjà 19H que je suis en course. J’attaque un des juges de paix du Grand Raid, le redoutable Col du Taïbit : 4 Km d’ascension pour 800 M-. Très raide au départ, je trouve une petite accalmie au milieu, vers Ilet Trois Salaze. Ici nous attend la célèbre tisane « ascenseur » concoctée par l’association des herboristes. Un petit coup et sa repart ! Nombre de fois la gagne du Grand Raid s’est dessinée sur les pentes raides du Taïbit et une fois de plus, Julien Chorier le vainqueur de cette édition 2009, gagnera la course dans cette ascension. Pour ma part, comme stratégiquement envisagé au départ du Grand Raid, j’accélère le rythme dans cette montée. Je suis par nature un grimpeur et j’adore les parties nocturnes. Alors j’attaque cette ascension avec aisance, énergie, cadence, malgré une jambe gauche douloureuse, j’avance servi d’un moral d’acier : je suis déterminé à réaliser mon rêve. Ça y est le sommet est atteint sans aucune difficulté. Je plonge sans me retourner dans le paradis et l’enfer de Mafate. 2 Km de descente sinueuse sur un sentier rapide et me voilà à Marla « la Kalou », chaleureusement accueilli par les percussionnistes chargés au rhum arrangé et par une équipe de bénévoles dévouée (on dénombre plus de 800 bénévoles sur le Grand Raid, tous adorables et très serviables). Je pointe au contrôle des dossards, je vérifie la mécanique (Nok aux pieds, strapping à la cheville et au genou gauche), je charge l’organisme en carry poulet et je fais le plein d’eau de mon Camel Back. L’immersion au cœur du redouté cirque de Mafate est lancée. Une douce pente régulière longeant la rivière des Galets nous dépose vers la Plaine aux Sables. L’instant est magique ! je suis seul au milieu de cette pleine où le sentier est souple. Aucune lumière artificielle ne vient polluer le ciel noir et dégagé où des centaines d’étoiles viennent éclairer d’une douce lumière ce site majestueux. Je n’ai encore jamais vu un ciel étoilé aussi beau : C’est tout simplement féerique. J’avance de bons trains et, durant toute cette nuit, je ne ferais que de gagner des places tandis que la plupart font halte pour dormir, allongés dans leur couverture de survie a même le sol, sur le bord du sentier. Je passerai de la 1 554e place au Volcan à la 571e position à Grand Place l’école. Km 90, j’arrive au poste de Trois Roches. Contrôle du dossard, un peu de Nok sur les pieds, quelques tranches de pain de mie beurré au pâté de foie, un café et je repars. On traverse à gué la rivière (corde de sécurité en place). Un concurrent s’y aventure avant moi…Il aura la mauvaise idée de se tenir à la corde pour traverser la rivière. Cette corde étant très longue et peu tendue, il finira sa traversé…Dans l’eau. Après avoir bien rigolé de la magnifique plongée sans gravité, mais bien trempée de mon collègue, je passe à mon tour cette rivière…Sur les rochers, en ayant pris bonne leçon de ne pas toucher cette corde. Au son majestueux des cascades, c’est maintenant une succession de petites montées, de balcons suspendus et de franchissement de ravines. Au milieu des grands agaves, je plonge dans la descente vers l’école de Roche Plate. Ravitaillement et point de contrôle des dossards. J’ai les cuisses tendues, alors je profite de cette mini-halte pour m’étirer les jambes. La lucidité est encore bonne alors je rigole en voyant le spectacle qui donne lieu dans la cour de cette école : des dizaines de corps inertes allongés en rang d’oignions à même le sol sous des couvertures de survies…Le marchand de sable est passé ! Km 95, je rentre ici dans la gestion de la longue distance. Le mental prend le relais du physique qui commence à être sérieusement endommagé et ma cheville gauche me fait de plus en plus mal. Je plonge à nouveau dans une descente technique très raide vers la rivière des Galets. Commence alors le raidard le plus abrupt du centre de Mafate : la Roche Encrée. Un mur de 2 Km en lacets très raides pour prendre 500M+. Même si je gère une fois de plus parfaitement bien cette montée, le jus commence à me manquer et il me hâte d’atteindre 8 Km plus bas le ravitaillement de Grand Place l’école. KM 103, 5 heures et demie du matin, le jour se lève et j’arrive enfin à Grand Place. Je me rue vers le ravito pour engloutir tous ce qui me passe sous la main : j’ai faim, j’ai plus de jus et je boufferai n’importe quoi. Je fais le plein de carburant et je repars bien décidé à gratter encore des places au classement. Mon cheminement dans ce temple de la nature devient des plus délicats, ma lucidité se fragilise et la fatigue cumulée me lance un grand coup de bambou en pleine tête : je me sens épuisé, incapable de relancer la machine. Au mieux de gérer au plus précis mes efforts, je m’obstine à vouloir gagner des places. Deviendrais-je fou ?…Ou tout simplement fatigué ? Moi qui souhaitais courir ce Grand Raid sans dormir, je me résigne à faire une halte à Aurère…Sous peine de ne pas finir cette course. Encore faut-il y arriver à Aurère. Un long balcon puis à nouveau une très raide descente, un sentier vertigineux avec une main courante. Les traversées des ravines s’enchaînent pourtant toutes plus spectaculaires les unes que les autres. Mais je redouble de vigilance dans ces passages car mes jambes sont dures, lourdes, ma cheville gauche me fait plus affreusement souffrir et ma lucidité est bien entamée : je suis grognions !!! Enfin une dernière passerelle accrochée en plein vide, puis une allée de filaos et c’est l’arrivée à l’école d’Aurère au KM 113. Je fais appel au kiné pour me faire un vrai strap à la cheville et au genou, puis je m’allonge enfin dans ce lit picot tant rêvé depuis des kilomètres. Je demande au kiné de me réveiller dans 45 minutes, je ferme les yeux et je dors…44 minutes plus tard, je me réveille…Seul, probablement grasse à mon horloge interne que j’ai dû inconsciemment chargé de me réveiller au bout de 45 minutes ! Les batteries rechargées, je me lève, me ravitaille de quelques morceaux de bananes et je repars le moral au beau fixe. Je quitte l’îlet par un sentier large avant de redescendre vers la rivière des Galets. Longue descente caillouteuse en balcon que j’aborde avec un autre raideur estropié. Nous rejoignions la rivière que l’on traverse dans ses méandres par plusieurs gués jusqu’à rejoindre le gros poste de ravitaillement de Deux Bras, véritable petit village au service des coureurs, mis en place et contrôlé par l’armée. Un peu de Nok sur les pieds, un carry poulet pour recharger les accus, le plein d’eau dans le Camel Back et me voilà au pied du dernier gros morceau : la montée de Dos d’Ane, 7 Km pour 800M+ avec 121 Km au compteur. Je gère au plus précis, tant physique que mentale. Cette montée est redoutable et nombreux sont ceux qui abandonneront à Deux Bras. Mais pour moi une montée, c’est l’éclate, je suis dans mon élément. Alors je grimpe sans jamais m’arrêter, de bon rythme, j’avale les quelques concurrents qui coincent dans cette ascension. Toujours en montant, j’arrive au village de Dos d’Ane. Je fais une halte pour refaire mon strap à la cheville qui depuis Aurère s’est détendu. Pris en main par les élèves kiné, j’en profite pour manger un morceau et je repars direction le Piton Batard, dernière ascension de ce Grand Raid. J’empreinte dans le brouillard un sentier sinueux jusqu’au belvédère de Vert Bouteille puis je rejoins une courte descente en escalier, très humide et donc glissante. Cerise sur la fatigue, je grimpe encore le Piton Fougère pour me hisser 100 mètres plus haut avant les 19 derniers kilomètres. Je suis ici au croisement de la souffrance et de l’extase. Une nuit, deux nuits et voilà la troisième qui démarre, pour seul sommeil…44 minutes ! J’aborde la descente vers la Plaine d’Affouches, qui n’a de plaine que le nom ! Le sentier est glissant, boueux et très racineux. La seule chose que j’ai maintenant à contrôler c’est le mental…Et la vigilance. Il fait nuit, le terrain est technique et l’excitation d’une arrivée proche ce fait ressentir. Je file bon train malgré ma cheville douloureuse. Après autant de difficultés surmontées, autant de souffrances endurées, de paysages merveilleux traversés, d’images majestueuses gravées, je ne dois surtout pas me relâcher car une blessure accentuée pourrait mettre à néant l’aboutissement de ce rêve et pourrait bien me contraindre à un abandon forcé à quelques kilomètres du stade mythique de la Redoute. Dernière difficulté…La descente du Colorado. Tiens donc : encore un sentier très technique, caillasseux, plein de racines, véritable piège à fatigue. Je prends mon temps, je n’ai plus rien à gagner ici, mais par contre j’ai tout à y perdre sur mauvais appui. Je ne me relâche pas, j’ai la rage de réussir, je ne lâche rien. Km 150, 21H27. Applaudit par la centaine de spectateurs encore présents, j’entre dans l’arène. Je foule enfin la piste rougeâtre et poussiéreuse du stade de la Redoute. Dans un dernier élan d’orgueil, j’allonge la foulé, la douleur et la souffrance n’existent plus. Chargé d’émotion, je crie ma joie : 45 H 28 min et 27 sec… J’ai survécu à la Diagonale des Fous !

Raid de l’Archange

277 km / 2 400 mètres de D+ / 2 400 mètres de D-

Le Raid de l’Archange ! Sacré monument ! Impressionnant ! Dur ! énorme aventure ! Un départ au pied du Mont Saint-Michel pour un Ultra-trail de 277 km… La distance fait frissonner! Du sable mou sur des kilomètres, un relief casse-pattes comme on n’imagine pas sur la fin… Et une météo exécrable!… Bref une belle course bien costaud! L’épreuve se déroule le long du GR223 avec 2 400 mètres de D+ et 2 400 mètres de D-. Cette épreuve hors norme se déroule en autonomie complète (seul l’eau nous est fournis tous les 40 kms). Après une édition test en 2012… 25 coureurs prennent le départ lors de la 1er édition en 2013. Objectif atteint… 6 ème !

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UTMB

UTMB: 4 lettres pour un parcours mythique

UTMB: L’ultra tour du massif du Mont-Blanc. 168 kilomètres pour 9 600 mètres de D+ et 9 600 mètres de D-. Faire le tour du massif du Mont-Blanc en moins de deux jours… Quand un randonneur averti le boucle en 12 jours! l’UTMB est « LE » sommet mondial de l’Ultra-Trail. Le rendez-vous incontournable a vivre une fois dans sa vie. Une épreuve de montagne traversant 3 pays: la France, l’Italie et la Suisse et comportant de nombreux passages en altitude (>2500m), dans des conditions climatiques pouvant être très difficiles (nuit, vent, froid, pluie ou neige), nécessitant une réelle capacité d’autonomie personnelle. 168 kilomètres pour 9 600 mètres de dénivelé positif et 9 600 mètres de D- à parcourir en moins de 46 heures maximum. Principales difficultés : l’ascension des grands cols (col de Voza, col du Bonhomme, col de la Seigne, grand col Ferret) mais aussi montées à l’arête du Mont Favre, au refuge Bertone, montée de Bovine, montée aux Tseppes et à la Tête aux Vents. Sans oublier les descentes souvent plus traumatisantes pour le corps: Sur Saint-Gervais, Courmayeur, sur La Fouly, sur Trient ou sur Vallorcine.

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TransGranCanaria

125 Km pour 8 000 mètres de D+ et 8 000 mètres de D-

La TransGranCanaria est une épreuve incontournable de l’Ultra-trail World Tour (la coupe du monde d’Ultra-Trail). 125 kilomètres pour 8 000 mètres de D+ et 8 000 mètres de D-. C’est tout simplement la traversée du nord au sud de l’ile de Grande Canarie a bouclé en moins de 30 heures.

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