<head> <meta content="text/html; charset=ISO-8859-1" http-equiv="content-type"> <title>Diagoanle-des-fous-2009</title>




La Diagonale des Fous

150 Kilomètres pour 9 000 Mètres de Dénivelés Positif






Le défi : parcourir l’île de la Réunion du sud au nord en passant par le Piton de la Fournaise, le Piton des Neiges et par l’intérieur des cirques de Cilaos et Mafate.

Dans les mollets, 9 000 mètres de dénivelé positif sur une distance de 150 Kilomètres, le tout en moins de 64 H ! La difficulté de ce parcours en fait une des courses de montagnes les plus difficiles au monde.



Course de l’extrême, fête sportive, mais aussi une plongée dans la splendeur des paysages de l’île. Un volcan en pleine activité, des plaines désertiques, des crêtes vertigineuses et des cirques majestueux, des îlets, oasis bien mérités, des forêts à la végétation endémique des plus exubérantes…
La réunion, un grand raid, une île, une course à survivre.




Départ aux flambeaux et sous des trombes d’eau à Cap Méchant.
Comme chaque année, le départ est lancé de Saint Philippe, au sud de l’île. Un départ à la fois émouvant et inquiétant. Celui d’une aventure humaine où chacun vient chercher son moment d’éternité, ça découverte intérieure, une victoire sur soi-même…Avec humilité.
Mais avant de fouler le mythique stade de la Redoute à Saint-Denis, les semelles devront fouler les scories rougeâtres du volcan chauffé par les rayons du soleil levant, traverser la lunaire Plaine des Sables, les herbages de Mare à Boue, l’ascension interminable du Piton des Neiges jusqu'à une halte bien méritée à Cilaos. Des galères nocturnes dans le redoutable cirque de Mafate suivra l’ascension à flan de falaise de Dos d’Ane. Pour enfin attaquer la descente piégeuse du Colorado…En point de mire le stade de la Redoute.

Minuit le départ est lancé…Et déjà trempés de la tête aux pieds, les fous sont lâchés. Certains partent comme des fusées. Je choisis pour ma part, la patience en courant à petites foulées. La course est longue…Très longue et seul un coureur sur deux aura la chance de rallié l’arrivée.
Nous traversons la rue principale de Saint Philippe, encouragés par des centaines de supporters. 3 Km de route et nous bifurquons à gauche sur une piste qui monte à travers les champs de canes. Avec cette pluie tropicale c’est une rivière qui c’est formé sous nos pieds. Maintenant seule la lueur de notre frontale nous accompagnera jusqu’au bout de la nuit. Dans ce long serpent lumineux, j’emprunte la route forestière de basse vallée pendant 11 Km pour rejoindre la première grosse difficulté du parcours : l’ascension du Volcan.
Premier changement de terrain important : le sentier est étroit, sinueux, racineux, très boueux, glissant et technique. 7,5 Km pour 1 500  mètres de dénivelé où le bon rythme est compliqué à trouver… Ça bouchonnera durant toute la montée. L’ascension est trop lente à mon goût et la pluie qui ne cesse de nous frapper, refroidis considérablement la température du corps. Je suis frigorifié et il faut vite atteindre le sommet de cette ascension…Sinon c’est l’hypothermie assurée. Il est urgent de se remettre à courir pour réussir à faire remonter la température du corps.
Il est déjà 6H et le jour se lève. Cet ascenseur vers la lune nous dépose au bord de l’enclos du Volcan, à 2 350 M d’altitude, soit autant de dénivelé positif pour 23 Km de course. Ceux qui ont grillé des cartouches inutiles dans cette montée le paieront chers dans l’ascension suivante. Le peloton est déjà moins compact et les ralentissements ne se produisent plus. Le terrain étant moins pentu, je peux à nouveau recommencer à courir.La pluie cesse, le soleil réchauffe l’atmosphère, la température du corps remonte enfin.
Je range (dans mon sac de 5 kilos) ma veste coupe vent et je sort avec bonheur mes lunettes de soleil. La course est lancée !

La gueule béante du cratère s’ouvre à droite du sentier alors que je foule maintenant les laves noires du Piton de la Fournaise. On a quitté la boue pour un sol souple, sec, léger et le profil devient plus favorable : un faux plat entrecoupé de légers vallonnements. Toutes les conditions sont réunies pour courir à cadence régulière. Je croise la route d’un petit groupe de bretons. L’un d’entre eux est allongé sur le sol, emmitouflé dans sa couverture de survie, il gémit, le regard hagard, tremblant de tout sont corps. Entre raideurs, on se doit de se porter assistance, la course passe en second plan face à l’urgence. Cet homme est vraiment dans un sale état et ces potes sont paniqués. Je décide donc d’accompagner l’un d’entre eux jusqu’au prochain poste de secours, à peine 2 Km plus loin. J’apprendrais plus tard que ce coureur à subit une micro fissure cardiaque.

Je profite de ce poste pour me ravitailler : boisson chaude, soupe et sandwiches. L’alimentation et l’hydratation, tout au long du parcours, seront bien sûr une des clés du succès. La soupe est pour moi un bon compromis, légère et bien tolérée par mon organisme : de l’eau, du sel et des sucres lents. Je profite aussi de cette courte pause pour badigeonner mes orteils de Nok. Les pieds ont déjà beaucoup souffert dans cette 1e partie trempée et boueuse, je dois absolument limiter les frottements de la peau au risque de souffrir rapidement d’ampoules. Je change de chaussettes et je repars.



De nouveau, une partie roulante au cœur des sculptures et scories de la Pleine des Sables : 6 Km pour dérouler en souplesse dans ce paysage hallucinant. Ce lieu à entre autres servi de décor au film « La Planète des Singes ». J’arrive au pied du rempart de Sainte Thérèse. La courte ascension jusqu’à l’oratoire interrompt cette balade tranquille. 160 M+ pour 1Km de montée en lacets que je négocie en marche tonique. Suit ensuite 3 Km de descente vers le Piton Textor marquant ainsi notre sortie du monde du Volcan. Je quitte les laves noires et feux pour attaquer une descente de 5 Km pour 500M-.

J’en profite pour courir à bon rythme car la descente n’est pas très raide. Le sentier est souple, verdoyant et nous voilà au cœur des pâturages et des arums géants. Après cette descente bien agréable, 5 Km de plat… Dans la pleine des Cafres jusqu’à Mare à Boue.



Km 50, il est 11H, je pointe au poste de Mare à Boue. Ce ravitaillement est tenu par l’armée. Seul un régiment militaire est capable d’acheminer autant de matériels sur le parcours, avec une aussi grande efficacité. Hélico, poste médical, kinés, médecins, podologues, lits picot et repas complet. Tout ici est fait pour assister au mieux les raideurs. On se croirait sur un champ de bataille : les blessés sont déjà nombreux…Les abandons aussi malheureusement. Je profite de ce poste pour faire le plein d’eau, me servir une cuisse de poulet grillée et une bonne assiette de riz. L’appétit vient en mangeant… Je me régal.
La pluie refait son apparition. J’enfile alors ma veste imperméable et je reprends ma route…Direction le Piton des Neiges.

Les accus bien rechargés, j’attaque la longue montée vers la Caverne Dufour : 12 Km pour 900M+. La pluie et le brouillard bouche le paysage. Le sentier est souple à travers les prés, en changeant progressivement de décor, on entre dans la forêt primaire. La végétation est de plus en plus luxuriante avec d’immenses fougères arborescentes jusqu'à rejoindre les échelles de Coteaux Maigres. Un petit moment de répit au sortir de la forêt et j’attaque maintenant le Coteau de Kerveguen. Le terrain est très rocailleux, glissant, piègeux et mon carry poulet dévoré à Mare à Boue est déjà assimilé et dépensé. Le ventre vide, le coup de moue approche. J’avale une puis deux barres énergétiques. En quelques minutes cette prise d’énergie fait son effet et me voilà au point culminant du Grand Raid : le gîte du Piton des Neiges à 2 484 M.
Le brouillard est dense et le vent fait chuter considérablement la température. Pas question de traîner ici. Je fais le plein d’eau, quelques étirements et je repars illico-presto.

15H, j’aborde avec vigilance la longue descente du Bloc. Une dégringolade de 4,5 Km très glissante, composée de marches irrégulières, de racines boueuses et de roches humides. La fatigue commence à s’accumuler et la pluie n’arrange rien. Il me faudra plus d’une heure et demie pour dévaler ces seuls 4,5 KM !
Arrivé au Bloc, il me reste 3 Km de lacets routier que je cours à grands enjambés pour rejoindre Cilaos.

Km 70, je rejoins le stade de Cilaos. Ce poste marque quasiment la mi-parcours. Je décide alors de faire une vraie pose avant d’attaquer la seconde nuit de course et le redoutable cirque de Mafate. Ici je fais la totale : massage des cuisses et des mollets par les élèves kiné de St Pierre, carry poulet et plein d’eau. Il est 18 H, je quitte Cilaos ou nombreux sera les abandons et je file plein d’entrain, attaquer l’ascension du Col du Taïbit avant la tombé de la nuit.



Le sentier nous fait descendre à la cascade de Bras Rouge. Le site est grandiose paraît-il…Je n’en verrais rien car la nuit est déjà tombée. Au milieu des grands filaos, le sentier remonte raide accrocher à flanc. Un raideur vient de chuter…De quelques mètres seulement, ce qui lui vaudra plus de peur que de mal. Je m’arrête pour lui porter assistance dans sa remontée. Il rajuste ses lunettes et reprend doucement ses esprits. Je continu ma route, accompagné en file indienne de trois raideurs et je ressens pour la 1e fois depuis le début du raid, des douleurs à la jambe gauche. Probablement une tendinite au genou et à la cheville (j’apprendrais deux jours après la course que ma sois disant tendinite à la cheville est en fait une entorse du tendon externe)…Et, sans le savoir, je vais parcourir les 80 derniers Km de course avec une entorse !



La pluie, c’est enfin arrêté et cela fait déjà 19H que je suis en course. J’attaque un des juges de paix du Grand Raid, le redoutable Col du Taïbit : 4 Km d’ascension pour 800 M-. Très raide au départ, je trouve une petite accalmie au milieu, vers Ilet Trois Salaze. Ici nous attend la célèbre tisane « ascenseur » concoctée par l’association des herboristes. Un petit coup et sa repart !

Nombre de fois la gagne du Grand Raid s’est dessinée sur les pentes raides du Taïbit et une fois de plus, Julien Chorier le vainqueur de cette édition 2009, gagnera la course dans cette ascension. Pour ma part, comme stratégiquement envisagé au départ du Grand Raid, j’accélère le rythme dans cette montée. Je suis par nature un grimpeur et j’adore les parties nocturnes. Alors j’attaque cette ascension avec aisance, énergie, cadence, malgré une jambe gauche douloureuse, j’avance servi d’un moral d’acier : je suis déterminé à réaliser mon rêve.

Ça y est le sommet est atteint sans aucune difficulté. Je plonge sans me retourner dans le paradis et l’enfer de Mafate. 2 Km de descente sinueuse sur un sentier rapide et me voilà à Marla « la Kalou », chaleureusement accueilli par les percussionnistes chargés au rhum arrangé et par une équipe de bénévoles dévouée (on dénombre plus de 800 bénévoles sur le Grand Raid, tous adorables et très serviables).
Je pointe au contrôle des dossards, je vérifie la mécanique (Nok aux pieds, strapping à la cheville et au genou gauche), je charge l’organisme en carry poulet et je fais le plein d’eau de mon Camel Back.
L’immersion au cœur du redouté cirque de Mafate est lancée.

Une douce pente régulière longeant la rivière des Galets nous dépose vers la Plaine aux Sables. L’instant est magique ! je suis seul au milieu de cette pleine où le sentier est souple. Aucune lumière artificielle ne vient polluer le ciel noir et dégagé où des centaines d’étoiles viennent éclairer d’une douce lumière ce site majestueux. Je n’ai encore jamais vu un ciel étoilé aussi beau : C’est tout simplement féerique.
J’avance de bons trains et, durant toute cette nuit, je ne ferais que de gagner des places tandis que la plupart font halte pour dormir, allongés dans leur couverture de survie a même le sol, sur le bord du sentier. Je passerai de la 1 554e place au Volcan à la 571e position à Grand Place l’école.

Km 90, j’arrive au poste de Trois Roches. Contrôle du dossard, un peu de Nok sur les pieds, quelques tranches de pain de mie beurré au pâté de foie, un café et je repars. On traverse à gué la rivière (corde de sécurité en place). Un concurrent s’y aventure avant moi…Il aura la mauvaise idée de se tenir à la corde pour traverser la rivière. Cette corde étant très longue et peu tendue, il finira sa traversé…Dans l’eau. Après avoir bien rigolé de la magnifique plongée sans gravité, mais bien trempée de mon collègue, je passe à mon tour cette rivière…Sur les rochers, en ayant pris bonne leçon de ne pas toucher cette corde.
Au son majestueux des cascades, c’est maintenant une succession de petites montées, de balcons suspendus et de franchissement de ravines. Au milieu des grands agaves, je plonge dans la descente vers l’école de Roche Plate. Ravitaillement et point de contrôle des dossards. J’ai les cuisses tendues, alors je profite de cette mini-halte pour m’étirer les jambes. La lucidité est encore bonne alors je rigole en voyant le spectacle qui donne lieu dans la cour de cette école : des dizaines de corps inertes allongés en rang d’oignions à même le sol sous des couvertures de survies…Le marchand de sable est passé !



Km 95, je rentre ici dans la gestion de la longue distance. Le mental prend le relais du physique qui commence à être sérieusement endommagé et ma cheville gauche me fait de plus en plus mal.
Je plonge à nouveau dans une descente technique très raide vers la rivière des Galets. Commence alors le raidard le plus abrupt du centre de Mafate : la Roche Encrée. Un mur de 2 Km en lacets très raides pour prendre 500M+. Même si je gère une fois de plus parfaitement bien cette montée, le jus commence à me manquer et il me hâte d’atteindre 8 Km plus bas le ravitaillement de Grand Place l’école.



KM 103, 5 heures et demie du matin, le jour se lève et j’arrive enfin à Grand Place.
Je me rue vers le ravito pour engloutir tous ce qui me passe sous la main : j’ai faim, j’ai plus de jus et je boufferai n’importe quoi. Je fais le plein de carburant et je repars bien décidé à gratter encore des places au classement. Mon cheminement dans ce temple de la nature devient des plus délicats, ma lucidité se fragilise et la fatigue cumulée me lance un grand coup de bambou en pleine tête : je me sens épuisé, incapable de relancer la machine. Au mieux de gérer au plus précis mes efforts, je m’obstine à vouloir gagner des places. Deviendrais-je fou ?...Ou tout simplement fatigué ?
Moi qui souhaitais courir ce Grand Raid sans dormir, je me résigne à faire une halte à Aurère…Sous peine de ne pas finir cette course. Encore faut-il y arriver à Aurère. Un long balcon puis à nouveau une très raide descente, un sentier vertigineux avec une main courante. Les traversées des ravines s’enchaînent pourtant toutes plus spectaculaires les unes que les autres. Mais je redouble de vigilance dans ces passages car mes jambes sont dures, lourdes, ma cheville gauche me fait plus affreusement souffrir et ma lucidité est bien entamée : je suis grognions !!!
Enfin une dernière passerelle accrochée en plein vide, puis une allée de filaos et c’est l’arrivée à l’école d’Aurère au KM 113. Je fais appel au kiné pour me faire un vrai strap à la cheville et au genou, puis je m’allonge enfin dans ce lit picot tant rêvé depuis des kilomètres. Je demande au kiné de me réveiller dans 45 minutes, je ferme les yeux et je dors…44 minutes plus tard, je me réveille…Seul, probablement grasse à mon horloge interne que j’ai dû inconsciemment chargé de me réveiller au bout de 45 minutes !

Les batteries rechargées, je me lève, me ravitaille de quelques morceaux de bananes et je repars le moral au beau fixe. Je quitte l’îlet par un sentier large avant de redescendre vers la rivière des Galets. Longue descente caillouteuse en balcon que j’aborde avec un autre raideur estropié. Nous rejoignions la rivière que l’on traverse dans ses méandres par plusieurs gués jusqu’à rejoindre le gros poste de ravitaillement de Deux Bras, véritable petit village au service des coureurs, mis en place et contrôlé par l’armée.



Un peu de Nok sur les pieds, un carry poulet pour recharger les accus, le plein d’eau dans le Camel Back et me voilà au pied du dernier gros morceau : la montée de Dos d’Ane, 7 Km pour 800M+ avec 121 Km au compteur.
Je gère au plus précis, tant physique que mentale. Cette montée est redoutable et nombreux sont ceux qui abandonneront à Deux Bras. Mais pour moi une montée, c’est l’éclate, je suis dans mon élément. Alors je grimpe sans jamais m’arrêter, de bon rythme, j’avale les quelques concurrents qui coincent dans cette ascension.

Toujours en montant, j’arrive au village de Dos d’Ane. Je fais une halte pour refaire mon strap à la cheville qui depuis Aurère s’est détendu. Pris en main par les élèves kiné, j’en profite pour manger un morceau et je repars direction le Piton Batard, dernière ascension de ce Grand Raid.
J’empreinte dans le brouillard un sentier sinueux jusqu’au belvédère de Vert Bouteille puis je rejoins une courte descente en escalier, très humide et donc glissante. Cerise sur la fatigue, je grimpe encore le Piton Fougère pour me hisser 100 mètres plus haut avant les 19 derniers kilomètres.

Je suis ici au croisement de la souffrance et de l’extase. Une nuit, deux nuits et voilà la troisième qui démarre, pour seul sommeil…44 minutes !



J’aborde la descente vers la Plaine d’Affouches, qui n’a de plaine que le nom ! Le sentier est glissant, boueux et très racineux. La seule chose que j’ai maintenant à contrôler c’est le mental…Et la vigilance. Il fait nuit, le terrain est technique et l’excitation d’une arrivée proche ce fait ressentir. Je file bon train malgré ma cheville douloureuse. Après autant de difficultés surmontées, autant de souffrances endurées, de paysages merveilleux traversés, d’images majestueuses gravées, je ne dois surtout pas me relâcher car une blessure accentuée pourrait mettre à néant l’aboutissement de ce rêve et pourrait bien me contraindre à un abandon forcé à quelques kilomètres du stade mythique de la Redoute.

Dernière difficulté…La descente du Colorado. Tiens donc : encore un sentier très technique, caillasseux, plein de racines, véritable piège à fatigue. Je prends mon temps, je n’ai plus rien à gagner ici, mais par contre j’ai tout à y perdre sur mauvais appui. Je ne me relâche pas, j’ai la rage de réussir, je ne lâche rien.

Km 150, 21H27. Applaudit par la centaine de spectateurs encore présents, j’entre dans l’arène. Je foule enfin la piste rougeâtre et poussiéreuse du stade de la Redoute. Dans un dernier élan d’orgueil, j’allonge la foulé, la douleur et la souffrance n’existent plus. Chargé d’émotion, je crie ma joie :
45 H 28 min et 27 sec… J’ai survécu à la Diagonale des Fous !