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Marathon de Paris
42,195 Kilomètres




Il est 5h15. Je n’arrive plus à attendre la sonnerie du réveil. Je me lève et bondi directement sous la douche. Je me sens bien, je suis en forme et le moral est au beau fixe, mais la pression s’installe de plus en plus : ne pas arrivé trop tard, ne rien oublier, comment m’habiller pour ne pas avoir trop froid au départ et trop chaud pendant la course au risque de trop me déshydraté, va t’il pleuvoir, y as t’il du vent dehors, et surtout… ai je les jambes pour boucler ce Marathon en améliorant mon chrono. Car plus l’heure approche plus j’ai du mal à m’enlever l’idée de créer aujourd’hui un bel exploit : Au fond de moi, j’en suis capable, mentalement : ça c’est sûr…mais physiquement ?

Il est 6h15. Je quitte le centre d’hébergement sportif Kellermann, situé porte d’Italie, pour rejoindre le métro. Il fait encore nuit dehors. Le temps est très frais et humide.
A cette heure-ci, il n’y a que des jeunes, ivres qui rentrent probablement de discothèque, quelques travailleurs matinaux et exceptionnellement aujourd’hui, quelques coureurs en tenue de jogging ou habillés de sacs plastiques. Ca fait plaisir et ça me donne un avant goût de ce qui m’attend : 35 000 coureurs sont attendus ce dimanche matin 6 avril pour prendre le départ du 32 ème Marathon de PARIS.

Il est 7 heures. Je sors enfin du métro. Le froid est tétanisant. Ce qui me fait un beau sujet de conversation avec un coureur que je croise au pied de l’arc de triomphe. Un Lillois, habitué du lieu. Il me dit : « c’est la première fois qu’il fait un temps pareil. » … c’est rassurant !!! Au fil de notre petite discussion, nous passons devant la ligne de départ : les champs Elysées. Nous contournons la place de l’étoile pour se rendre avenue Foch, notre future ligne d’arrivée pour y déposer nos sacs. C’est ici que nous nous séparons. Je me trouve un petit coin de libre pour finir de m’habiller. Et compte tenue de la température, cette fois c’est sur, je n’hésite plus : j’opte pour la veste polaire manche longue.  Une fois mon sac posé au vestiaire, je rejoins les champs. J’aperçois un petit groupe, débout, sur une bouche de métro : l’idée est géniale, idéal pour attendre plus d’1h30 sans avoir trop froid. Alors, sans hésiter, je les rejoins, heureux d’y trouver une petite place. Il y aura même quelques photographes amateurs qui s’amuseront à figer cette image sur pellicule, tellement la scène est originale. Pour ma part, je reste là ¾ d’heures, à boire et regarder les champs se remplir tout doucement.

Il est 7h45. Le jour se lève enfin et les sas sont déjà ouverts. Quelques courageux s’y engouffrent sans attendre. Moi je décide de me dégourdir un peu les jambes et je quitte mon chauffage pour aller faire quelques petites foulées le long des champs. Je croise les motos de la course et j’essaie de voir mon pote Joël (motard officiel de Laurent Jalabert sur le tour de France), mais malheureusement, je ne le vois pas : dommage, car à cette heure nous ne nous reverrons plus aujourd’hui, puisqu’il suivra les premiers (Kenyan, Ethiopien, Kenyan, Kenyan, Kenyan...), tandis que moi je serais a quelques kilomètres plus loin dans la course.

8h. Je ne peux plus attendre. Trop excité d’en découdre, je rejoins mon sas des 3h15. Là je prends vite conscience que, non seulement j’ai un bol énorme de pouvoir faire parti de ce sas, mais en plus que j’ai atteint, en 3 Marathons, un niveau plus que respectable : je suis un privilégié car mon sas est tout petit et la ligne de départ n’est seulement qu’à quelques mètres devant moi (les derniers auront a peu près 500 mètres à parcourir avant de pouvoir franchir la ligne de départ et ce, 15 minutes après les premiers partants !). A cette heure-ci nous ne sommes qu’une dizaine dans le sas, alors j’en profite pour faire quelques pas pour me réchauffer (pendant prés de 20 minutes).
Ce moment est très agréable : je suis au milieu de champs Elysées, face à moi, l’Obélisque et derrière moi l’Arc de Triomphe : il n’y a pas à dire, les champs c’est vraiment magique. Et je vais même m’offrir le luxe de soulager ma vessie au beau milieu des champs (dans un urinoir prévu a cet effet).

Il est 8h20. Les coureurs sont de plus en plus nombreux à rejoindre la ligne de départ. Pour ma part, je décide d’arrêter mes allers-retours, et je pars me trouver une petite place au chaud à l’avant du sas.

8h30. Alors qu’on annonce le départ imminent de la catégorie handisport, les derniers coureurs se pressent pour tenter de rentrer dans les sas de départ. Une multitude d’habits et de sacs poubelle commencent à voler par dessus la foule. On n’a jamais été aussi proche du grand départ, et l’excitation monte. Certain en profite pour faire un dernier pipi (soit dans une bouteille, soit tout simplement sur eux), histoire de partir complètement soulagé. Les banderoles s’agitent déjà au-dessus des têtes. Slogans et revendications en tout genre et en toutes langues viennent ainsi participer à l’ambiance unique de cette grande course.

 

8h45. Le départ est donné. La main sur le chrono, prêt à se déclencher au passage de la ligne de départ. La progression est rendue difficile par l’amas de détritus en tout genre qui tapisse le sol. Il nous faut enjamber des tas de sac-poubelle, d’habits, de déchets alimentaires, et éviter de rouler sur toutes les bouteilles, a demi pleines d’eau… ou même d’urine. Je passe le portique de départ. Je déclenche mon chrono : c’est parti. La course est enfin lancée. Petit à petit, les foulées peuvent commencer à s’allonger. Les visages souriants se referment progressivement pour laisser place à la concentration. L’insouciance de la foule fait place à l’inquiétude de l’individu : surtout ne pas chuter, bien regarder devant soi, être attentif, prévoir les obstacles qui peuvent être masqués, éviter les pieds et jambes de ceux qui ne vont pas au rythme de ce lent courant qui nous entraîne dans cette folle aventure. Et malgré tout, essayer de profiter de ce début de course : on court en plein milieu de l’avenue des Champs-Elysées, dans l’une des plus belles villes du monde…

Le départ est tellement serré que je ne regarde même pas mon temps de passage au premier kilomètre. Peu importe, je suis lancé dans cette grande aventure et mon seul désir est de la vivre pleinement jusqu'à son terme. Je profite de la balade en voyant défiler sous mes pieds les pavés des Champs-Elysées, puis ceux de la place de la Concorde où le soleil perce les nuages pour venir faire de l’œil à l’Obélisque. Les kilomètres s’égrainent tout doucement tout le long des avenues parisiennes. Pour moi, comme pour bien d’autres certainement, l’heure est à l’économie. Economiser les efforts dans chaque geste, dans chaque mouvement. Toujours essayer de garder un rythme constant, courir sans à-coups (et ce n’est pas facile car le peloton est toujours très serré). L’énergie dépensée pour chaque foulée doit être la moindre possible, le pas léger et la régularité est de mise. Mais mon objectif est clair et annoncé : 3h15… je veux le faire…je peux le faire.

 

KM 5
Le peloton semble parfaitement canalisé dans la rue de Rivoli. Je sors mon premier tube de gel énergisant que j’avale doucement accompagné d’une gorgé d’isostar. Car pour être mieux concentré sur ma course, j’ai prévu de ne prendre aucun ravitaillement et d’emporter avec moi mon sac de course (dans lequel je dispose assez de nourriture et de boisson pour mener à bien mon effort). J’ai l’impression de courir un peu trop rapidement. Peut être est-ce le signe d’un bon relâchement. Dans tous les cas, mon souffle est bon, mes foulées grandes et régulières. Je regarde mon chrono : 22Min et 49secs ; parfait. J’ai 31 secondes d’avance sur mon temps de passage calculé pour atteindre mon objectif.

 

Les kilomètres défilent, le public sur les côtés également. Ils sont plus de 200 000 aujourd’hui a s’être déplacés pour venir nous regarder, nous encourager, nous admirer. Par endroits, les pompiers nous font une véritable ovation, perchés, par exemple, aux fenêtres du musée du Louvre ou encore sur leur grande échelle au dessus du flot des coureurs. Un peu plus loin, j’aperçois une flamme juchée sur une colonne : la place de la Bastille. On doit être au 6 ou 7 ème kilomètre, c’est magnifique. Nous remontons à présent la rue du Faubourg-Saint-Antoine, puis nous bifurquons à droite, dans le boulevard Soult. La foule est toujours aussi présente, le peloton encore très dense. Par moment, des cris retentissent lorsqu’un spectateur a la chance de reconnaître au passage son conjoint ou un ami. Moi, je sais pertinemment que je n’aurais pas cette chance car je ne retrouverai ma sœur et mes parents qu’à l’arrivée (étant donner leur arrivée tardive due au train).

KM 10
Je ne peux m’empêcher de regarder mon chrono : 45min et 04sec, soit 1min et 16secs d’avance : tout va parfaitement bien. Je n’ai ni froid ni chaud, mon rythme est très bon, les jambes parfaites et le moral au beau fixe. Mais bon, la course est encore longue. Je reprends un nouveau tube de gel énergisant et une bonne gorgée d’isostar.
Nous entrons maintenant dans le bois de Vincennes. Je m’arrête rapidement pour faire ma première et unique pause pipi sur le parcours. Je me dépêche car tout en soulageant ma vessie, je vois passer le ballon des 3h15. Je remballe tout et je file afin de recoller progressivement le ballon de mon objectif.

KM 12
Nous passons à présent au pied du château de Vincennes. Aujourd’hui les rois c’est nous, coureurs de ce Marathon, du premier aux derniers. Je suis heureux et je fais partager ma joie à un autre concurrent: « Sympa la visite guidée », lui aussi apparemment ému rétorque : « mesdames et messieurs, vous pouvez admirer sur votre gauche le magnifique château de Vincennes ». On échange un dernier sourire avant de se replonger dans notre course.

 

KM 15
Je double enfin le ballon jaune des 3h15. Nouveau ravitaillement pour les collègues, et nouveau tube de gel pour moi. Je regarde bien évidemment mon chrono : 1h07min et 38sec, soit 1min 42 d’avance. Très bien on continue comme ça.
Toute la traversée du bois de Vincennes me paraît très longue. Les allées se succèdent. Le parcours est vert et agréable. Tout le monde court maintenant à un rythme régulier en tentant toujours de ménager au maximum ses efforts. Malgré la fraîcheur matinale, le soleil est maintenant bien présent, alors j’en profite pour sortir mes lunettes de soleil. Ces lunettes sont pour moi un élément très important en course. Elles sont surtout une protection psychologique, qui me permet de m’enfermer dans une bulle, de bien me concentrer mentalement.
C’est après 1heures, 1h30 de course que les sensations sont les plus agréables. Le corps parfaitement échauffé ne semble ressentir aucune douleur. Les foulées s’enchaînent sans effort apparent. Cette impression de facilité, d’aisance sans souffrance, est même un peu grisante. On accélèrerait volontiers l’allure, mais il est bien trop tôt. Le chemin à parcourir est encore long, très long. Et il faut se restreindre pour ne pas entamer ses réserves et profiter le plus longtemps possible de cette période de douce euphorie où le corps paraît léger, tandis que les pieds semblent planer au-dessus du sol sans jamais le toucher. Les non-coureurs auront peut-être du mal à croire qu’on puisse ainsi ressentir du plaisir après 1h30. Pourtant si, et je ne suis pas le seul dans ce cas.
A ce stade de la course, tous les microtraumatismes accumulés depuis le départ doivent conduire à la libération de ces fameuses « endorphines » : ces petites drogues produites naturellement par le corps pour lutter contre la douleur. Au fond, le marathonien serait un drogué de l’effort… Un masochiste s’infligeant des douleurs pour avoir sa dose… Et, paradoxalement, tout coureur cherche à limiter sa souffrance, alors que c’est là peut-être qu’il trouve son plaisir. Douleur et plaisir, toute l’ambiguïté du coureur de fond. L’un ne va pas sans l’autre. Et plus on s’entraîne, moins on souffre… Alors, on court un peu plus vite, ou un peu plus longtemps, pour faire durer le plus loin possible cette douce euphorie. Mais toute la difficulté consiste à gérer son effort dans la durée. Avoir une bonne préparation physique et alimentaire, savoir ne pas être trop prétentieux pendant les premiers kilomètres de course, de s’être laisser griser…dans ce cas, il est trop tard, on a beau ralentir, respirer profondément en attendant un second souffle, les kilomètres deviennent dès lors interminables. On s’accroche parce qu’on veut finir la course à tout prix, quel que soit le temps, histoire de préserver un peu sa fierté et de satisfaire son esprit sportif. On s’est engagé dans l’épreuve en ayant comme objectif premier d’aller jusqu’au bout ; et l’on mettra un point d’honneur à franchir la ligne d’arrivée, que ce soit dans la joie…Ou dans la douleur.

 

KM 20
Je termine cette longue balade bien agréable dans le bois de Vincennes. Un petit tube de gel et je rentre maintenant dans l’avenue Daumesnil.

KM 21
Je franchis la ligne symbolique qui marque la moitié du parcours : 1h34min et 36sec soit  2min 49sec d’avance. Je suis parfaitement régulier. Tout va bien et même très bien, car ici, je me sens chez moi. Je suis dans le quartier que j’ai fréquenté pendant près d’un an et demi lorsque je suis venu habiter sur Paris pour la première fois. Le sourire aux lèvres, je ne peux m’empêcher de regarder les commerces jadis fréquentés : le chinois, la poissonnerie, la laverie et bien sûr le Monoprix.
Nous retrouvons à nouveau les rues parisiennes, les applaudissements, les encouragements, tout le public qui nous fait une haie d’honneur. Je m’amuse de voir les regards de ceux qui scrutent la foule des coureurs à la recherche d’un ami, d’un proche ou d’une tête connue. Même à cette allure, les visages défilent à toute vitesse et l’exercice est vraiment difficile, à moins d’avoir un repère bien particulier. Un tee-shirt de couleur, par exemple…Eh oui, si les coureurs portent parfois des vêtements un peu bizarres, ce n’est pas toujours parce qu’ils ont mauvais goût, c’est parfois simplement pour pouvoir être reconnus plus facilement.
Après être passés une seconde fois près de la bastille, nous débouchons enfin sur les quais de Seine. Il fait beau, Paris est magnifique ! L’île de la Cité, l’île Saint-Louis, le musée d’Orsay…Quel luxe de pouvoir courir le long de la seine en admirant tous les plus beaux monuments de notre capitale.

 

KM 25
Un petit tube de gel et je regarde mon chrono : 1h51min et 29sec. 3min et 56sec d’avance. J’ai pris plus d’une minute en 4 kilomètres. Là c’est clair la machine est bien lancée.

KM 27
Nous arrivons sous le grand tunnel. L’obscurité envahit le peloton. Je relève mes lunettes. A l’abri du vent, on ressent la chaleur dégagée par ce fleuve humain, calme et bouillonnant qui gronde au passage de ce goulet. J’aime beaucoup ce passage. Je m’y sens apaisé. Petit à petit, j’aperçois la lumière du jour. Des voix se font entendre loin devant. L’onde vocale progresse lentement en s’amplifiant au fur et à mesure. Beaucoup se prennent au jeu, comme des gosses qui jouent avec l’écho de leur voix en passant sous un pont.
Enfin, nous sortons. La lumière est aveuglante, alors je remets mes lunettes. Nous retrouvons les quais parisiens et son public. Je sens que le peloton commence à avoir les jambes lourdes alors que mes foulés sont encore souples et légères, le souffle tranquille.

KM 30
Nouvelle prise de gel énergisant et nouveau chrono : 2h13min et 33sec soit 4min et 47sec de gagné. A cet instant, je ne peux m’empêcher de penser aux premiers…qui viennent juste de franchir la ligne d’arrivée : courir à près de 20km/h sur plus de 42 kilomètres ! Quelles formidables machines humaines ! Performances d’autant plus étonnantes que, lorsqu’on croise ces athlètes au repos, certains ont presque l’air fatigué et sont tellement maigres que l’on se demande où est caché le moteur !

KM 31
Avenue du Président-Kennedy. Nous arrivons aux pieds de la grande dame de fer : la tour Eiffel. Je la contemple rapidement. Elle est belle, immobile spectatrice de cette grande parade dans les rues parisiennes. Soudain j’entends clamer mon nom : « allez Fabrice, allez… ». Ma sœur et mes parents sont là. C’est bon de les voir. Heureux que l’on ait pu, par chance, se trouver dans cette foule. Je leur tends un grand sourire et un geste de la main pour leur faire savoir que tout va bien… pour l’instant.
Pour moi, la course se joue maintenant. Ne pas flancher avant le 35ème kilomètre, pour pouvoir espérer attaquer et me rapprocher le plus possible de la barre des 3h.

KM 33
Ca y est. La difficulté commence…Plus tôt que je ne l’aurais voulu. Mes jambes deviennent dures et mes foulées lourdes. Ne surtout pas baisser de rythme. A cet instant mon corps me passe un message fort : Le mental doit prendre le relais sur le physique. Je sors alors un tube de gel « coup de fouet » pour remettre les gaz.

KM 35
Nous sommes maintenant rentrés dans le bois de Boulogne. Nouveau chrono. 2h35min et 30sec : 7min et 30sec d’avance. Surtout ne pas baisser de rythme…Ne pas baisser de rythme. Je n’ai plus de jambes et malgré l’envie, je ne pourrais pas attaquer. Le moral en prend un grand coup. Physiquement, mes foulées se rétrécissent. Mon corps n’en peut plus et les kilomètres deviennent dès lors interminables. Mais aujourd’hui j’ai un moral d’acier, rien ne pourra m’arrêter et jusqu’au 40ème kilomètre je vais batailler pour relancer mes foulées et les relancer encore…jusqu’au 40ème.

KM 40
Je reprends un gel « coup de fouet ». 2h59min pile. Encore deux kilomètres 195 à terriblement souffrir. Avec le peu de lucidité que j’arrive à réunir, je fais un rapide calcul : moins de 5 minutes au kilomètre…ça fait à peut près une arrivée en 3h10min : J’ai réussi. Alors à cet instant, je donne tout. L’émotion m’envahi. Je veux faire moins de 3h10…Je peux faire moins de 3h10…Je vais faire moins de 3h10…

KM 42
J’amorce le dernier virage. Je suis au sprint. Les foulées sont très grandes et j’ai fait totalement abstraction de mon mal. La foule est impressionnante. Je m’imagine aisément sur une arrivée du Tour de France. Je veux gagner cette étape au sprint. Ma victoire, mon combat personnel. Plus que 200 mètres. L’arrivée est là…face à moi. Je fonce sur les photographes officiels, je relève mes lunettes…Et je hurle ma joie.

 

Je me classe 1 926ème sur 28 844 arrivants, en 3h08min et 30sec. Nouveau record, nouvelle victoire…je suis terriblement fière de moi.