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Semi-Marathon de Caen
La Pégasus



Le Semi marathon Pegasus

 

En obtenant le label international de la FFA en 2006, le semi marathon Pegasus rentre désormais dans la cour des grands rendez-vous français de la course à pied. Elle est aussi une course Qualificatif pour les championnats de France de semi marathon.
Désignée du célèbre pont dont elle s’élance, cette épreuve est la plus courue de Normandie.


 

8H50
Le départ est lancé du Pegasus Bridge. C’est parti pour 21 kilomètres de souffrance.
Je me suis bien échauffé avant la course, ce qui me permet de prendre un départ rapide.
Mon objectif aujourd’hui est calculé: Finir dans les 50 premiers, atteindre le 1er kilomètre en 3min 47secs pour une arrivée prévu en1H 20.
Mon souffle est bon, mes foulées grandes et régulières et nous arrivons très vite au premier kilomètre.

Km 1
3 Min 49 sec. J’ai 2 secondes de retard sur mon temps de passage calculé pour atteindre mon objectif.
Cela peut paraître dérisoire vu la distance à parcourir, mais deux secondes au bout d’un kilomètre… cela fais près d’une minute de plus à l’arrivée. Autant dire que la marge de manœuvre est très réduite je n’ai absolument pas le droit d’avoir la moindre défaillance.
Aujourd’hui, je me dois d’avoir un gros mental.

Mais bon, pour le moment, il n’y a rien de dramatique. Il fait beau, j’ai pris un très bon départ, mon rythme est bien imprimé et je m’offre même le luxe de pouvoir courir (a quelques dizaines de mètres), pendant plus de deux kilomètres avec les rois de l’épreuve : les Kenyans !!!
C’est une drôle de sensation. L’espace de quelques minutes, je me mets dans la peau d’un coureur de semi-fond de haut de tableau. Quelques minutes seulement, car passé le troisième kilomètre, les Kenyans se sont progressivement envolés… À plus de 19 Km/H.
Je les regardes partir impuissant, mais très contient d’avoir pu savourer ces quelques minutes à les admirer courir, avec une décontraction déconcertante.

Km 5
Retour a la réalité.
19 minutes et 5 secondes : soit 10 secondes de retard sur mon temps de passage prévu. Ça va être dur…Très dur.
Nous ne somme qu’au premier quart de la course et j’affiche déjà un retard de deux secondes au kilomètre. Je ne vois pas vraiment comment les choses vont évoluer positivement, surtout que le rythme que je me suis imposé est déjà très soutenu (pour moi), avec une moyenne de 15,7 Km/H.
Mais bon, on est qu’au début de course et ce n’est surtout pas le moment de ruminer en se projetant des images négatives.
Pour avoir étudier le parcours pendant ma préparation, il paraîtrait que le circuit est plus roulant a compté du 13 ème kilomètre. Alors, pour le moment, je me raccroche à ça afin d’espérer combler mon retard.

Km 8
Depuis quelques kilomètres déjà, je fais le yoyo avec deux autres concurrents. Chacun prend ces relais, telle une échappée de trois cyclistes, dans une étape du tour de France.
Mais l’allure est très dure à tenir. Autant, courir à un rythme régulier, je maîtrise (pour avoir déjà couru plusieurs marathons), mais courir a une telle foulée avec un cardio affichant 92 %, cela n’est ni de mon expérience, ni ma tasse de thé.
Et voilà qu’arrive ce que je redoutai : un vrai coup de mou ; aussi bien physique que moral.

Je décroche et je laisse filer mes deux comper.
Je réduis légèrement la foulé car je manque d’impulsion : j’ai besoin de souffler un peu. Pour mon niveau, le rythme est trop soutenu et si je continu a cette allure, je risque évidemment d’exploser dans quelques kilomètres.



Km 10
38 minutes et 55 secondes. Cette fois c’est sûr, les 1H 20… C’est mort. J’affiche à la mi-parcours plus d’une minute de retard. À ce moment de la course, moralement c’est très dur pour moi.
Mais bon, dans une course, temps que la ligne d’arrivée n’est pas franchise, rien n’est gagné et rien n’est perdu… Tout peut arriver.
Et le meilleur  pour moi est à venir. Un spectateur, sur le bord de la route, s’amuse à compter a voix haute, les coureurs déjà passés : 50…51…52. Je suis 52 ème : c’est génial, moi qui espérais finir dans les 50 premiers. En voilà une bonne nouvelle. Rien n’est encore perdu, et même, si je ne suis pas encore rentré dans les 50, je compte bien y arriver, car moi aussi j’ai encore des ressources et je sais, par expérience, être un bon finisseur.
Alors on tiens et l’on ne lâche rien.

Km 13
Nouveau comptage : je suis maintenant le 50ème. Mes efforts commencent à payer, mais rien est encore joué.
Je fais le yoyo depuis quelques kilomètres maintenant avec 5 autres coureurs.

Km 15
Je tiens bon le rythme. Je suis régulier et je passe le 15 ème kilomètre autour des 58 minutes. Je tiens bon les 1H 24 ; soit moins de 4 minutes aux kilomètres.

Km 17
Encore 4 kilomètres à parcourir. Il faut tenir. Je rentre tout juste dans les 50 premiers. Alors, je relance un peu, histoire de me donner une petite marge, au cas où, un nouveau coup de mou se présenterait et  surtout, au cas où, le rythme de fin de course s’accélère.



Km 19
Encore 2 kilomètres.
Cette fois, j’arrive en terrains connus. Je suis chez moi, car c’est ici que je m’entraîne au quotidien. A ce moment de la course, je sais qu’il reste à parcourir une grande ligne droite, un virage et une dernière ligne droite pour atteindre l’arrivée.
Je fais partie d’un petit groupe de 3 coureurs. Je reste caler en troisième position. S’ils décidaient de lancer une attaque dans le dernier virage, je pourrais plus facilement réagir, surtout qu’ils font partie d’un même club, donc, ils courent ensemble. Alors autant dire que je ne suis pas le mieux armé pour terminer.

Km 20
Nous amorçons le dernier virage.
Je souffre, mais à entendre le gémissement de douleur d’un de mes adversaires, je ne suis pas le seul. C’est une bonne nouvelle.

Km 21
Nous entrons enfin dans la dernière ligne droite. Il y a une foule de spectateurs amassés de chaque côté des barrières, qui crie, applaudi, chante et encourage.
Je m’attends à voir mes deux adversaires accélérer. Alors, bien calé derrière eux, je prends les devant. Je lance une terrible accélération dans les derniers 800 mètres, histoire de bien les détachés mais aussi de bien les dégoûter : Leur enlevé toute idée de me pourchasser.
Et ça marche, je suis le plus rapide et je ne lâche rien. Je donne tous ce qu’il me reste. Je me retourne quelques mètres avant la ligne d’arrivée : c’est bon, ils sont décrochés, ils ne pourront plus revenir, c’est fini.

Je termine en 1H 22 minutes et 59 sec. Et je me classe 49ème sur 2 529 participants.