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Trail de la Pointe de Caux
A l'assaut des Falaises d'Etretat




Avec 60% de chemins, 40% de petites routes
742 mètres de dénivelé ; le marathon trail de la pointe de Caux est une des huit étapes du CHALLENGE MONTRAIL ULTRA RUNNING.

8h30
Il fait bon, le soleil se lève dans un léger brouillard. J’arrive à Gournay en Caux (petite commune de Gonfreville l’Orcher située à quelques kilomètres du Havre).

 

8h45
Je rejoins la ligne de départ. L’ambiance est conviviale. On est environ 500 coureurs près à s’élancer.
Petit breffing de l’organisation :
-« J’ai deux nouvelles à vous annoncer. La bonne, c’est qu’il va faire beau ; ce qui était inespéré en cette période de l’année. La mauvaise nouvelle c’est que nous avons légèrement modifié la fin de parcours pour vous offrir le plus beau panorama qu’il soit et donc le parcours ne fait plus 44 mais 45KM »-.

5.4.3.2.1…
9h le départ est lancé.

 

La course débute par une petite boucle d’environ 500 mètres dans les rues de Gournay en Caux afin d’étirer le peloton. On rattrape ensuite le « GR 2 » avec déjà une première difficulté : une petite côte de 50 mètres ; un vrai goulot d’étranglement. Impossible de doubler. Alors on attend sagement chacun son tour afin de pouvoir vraiment s’élancer dans la course.



Je découvre pour la 1ère fois le trail. On longe en file indienne le clos Sainte-Anne, fraîchement labouré. On croise plusieurs chasseurs postés le long des haies ; ce qui ne nous rassure pas vraiment. Puis, nous traversons les écuries de la Pierre Grise : Moment très agréable, une véritable image de carte postale : le soleil est encore très bas, un léger brouillard, l’odeur des bourrins et des chevaux qui nous accompagnent en trottant: un instant vraiment magique. Puis une longue ligne droite nous permet de récupérer. Je  rejoins un peu plus loin la sente des rivières (Petit pont en bois, jardins, presqu’île…). Un instant bucolique, juste avant d’attaquer la seconde difficulté : une côte assez longue sur une petite route qui m’amène sur le plateau du Valadry. Un petit chemin avec  vue dégagée sur le bocage normand, une longue descente et me voilà arrivé à Rolleville.

KM10
Premier point de ravitaillement.
Je m’arrête juste le temps de manger un morceau de banane, de boire un verre d’eau sucrée et je repars.
La seconde partie plus longue sera aussi plus boisée et plus nature. Celle-ci commence par une petite côte très pentue au Bois du Moulin de la Planche :
Impossible de courir dans ce bois tellement la pente est raide. Alors, on s’accroche à tous ce qu’on peut pour monter : une racine, un tron d’arbre, une branche assez solide….
Je chemine ensuite dans les plaines et bois de la commune de Turretot.

Tout au long du parcours, le terrain sera cassant : petits chemins de terre ; champs labourés ; chemins de cailloux ; herbes hautes ; bordures de champs de maïs ; petites portions de route pour rejoindre un nouveau champ ou un nouveau chemin ; petites descentes ; grandes pentes et courtes montés très, très pentues. Il est parfois impossible de courir car il faut grimper avec les mains pour éviter de déraper sur une racine ou sur un gros caillou.
Je profite des courtes portions de route pour agrandir mes foulées et ainsi garder une bonne allure de course. La plupart des bordures de champs sont des parties douloureuses pour moi car je cours en chaussures de footing : très légères certes, mais aussi fines et que mal adaptées aux terrains accidentés. Or, ma plus grosse hantise est de me fouler une cheville. Sur ces chemins de hautes herbes et ces bordures de champs, je lève donc le pied pour éviter tout mauvais appui. Or, malgré toutes ces précautions, je ressens, au bout d’une vingtaine de kilomètres, de légers picotements dans les chevilles.

Entre les KM 15 et 20 il y a beaucoup de côtes et de descentes. Certaines sont bordées d’orties.
Le soleil commence à taper.

 

KM22
Cela fait maintenant 1h50 que nous sommes partis. Je me sens bien, les bordures de champs sont un peu moins cassantes, du coup je ressens moins de douleur aux chevilles.

Km 26
Ça fait du bien au moral d’entrer à Gonneville la Mallet : deuxième et dernier ravitaillement.

 

J’attrape un morceaux de banane, un verre d’eau sucré et je repars pour la dernière et la plus longue partie du trail. Mais aussi plus difficile car plus accidentée.

Après avoir quitté la commune de Gonneville la Mallet, je prends la direction des bois de Beaurepaire. Instant agréable où l’on zigzague entre les arbres et où les parties ombragées nous font du bien. Le soleil commence maintenant son travail de sape.

Je traverse la petite commune du Tilleul pour m’engager dans une dernière succession de champs.
Plus que 10 Km. Courage, car il faut encore aller chercher le phare du Cap d’Antifer même si je sens Etretat toute proche.

KM 38
Dur, dur : le moral est fragile, les jambes sont très lourdes et douloureuses et pour couronner le tout, le vent nous fait maintenant face.
Après une grosse côte interminable où je fais le yoyo avec deux autres concurrents, j’arrive enfin au phare d’Antifer.

KM 40
Je regarde mon chrono: 3h13.
Les 5 derniers kilomètres seront alors une récompense.
Mon objectif est alors de boucler les 45 Km en moins de 4h. Mais pour cela il faudra encore passer la dernière difficulté du parcours et certainement la plus difficile de toutes: les majestueuses falaises de la côte d’Albâtre, les falaises d’Etretat. Une merveille de paysages à la hauteur de mes efforts.

3 grosses descentes caillouteuses est très pentues alternées de trois grosses côtes saignées d’un chemin très étroit où il est difficile de doubler; lorsque l’on en a encore la force.
A ce moment-là, pour moi, la course se joue au mental.

 

J’arrive enfin à la célèbre aiguille des falaises. Je contourne la balise au bout de la pointe à quelques centimètres seulement du vide.
Je sens revenir derrière moi les deux concurrents avec lesquels je viens de courir les 7 derniers kilomètres.

Il me reste moins de 500 mètres pour franchir la ligne d’arrivée. J’entame alors à fond la dernière descente :
Un escalier d’une centaine de marches, horriblement cassant pour les jambes. Les appuis sont fragiles, mais le mental est bien là et je n’ai vraiment pas l’intention de me laisser dépasser. Alors j’oublie la douleur et je me concentre sur les marches. Je les enchaînent à toutes vitesse. Un vrai travail à la chaîne. Je pose enfin les pieds sur la plage. Encore 100 mètres. Je donne tout. Je ne serai jamais rattrapé. Un petit signe de la main pour la photo et à mon plus grand plaisir, le speaker annonce mon arrivée :

 

3h50 et 21 secondes, je me classe 22 sur 212.